Ridley Scott post-apocalyptique avec « The Dog Stars » : « Si vous êtes fermier, vous survivrez »
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Le réalisateur britannique (« Alien », « Gladiator ») se montre plus apaisé et écolo dans cette fable à grand spectacle où un pilote idéaliste s’efforce de trouver l’espoir dans un monde qui s’est effondré. Ridley Scott nous livre quelques clés au fil d’un échange express.L’homme est intimidant. Pas seulement parce qu’il a la réputation de piquer des colères (ceux qui l’ont asticoté sur son Napoléon s’en souviennent). Mais surtout parce qu’il est à la tête d’une filmographie démentielle qui compte plusieurs chefs-d’œuvre et pas mal de joyaux entrés dans la mémoire collective (Alien, Blade Runner, Thelma et Louise, Gladiator…), souvent avec fracas.
« Dans le chaos »
Pourtant, si nous rencontrons brièvement Ridley Scott ce mardi, c’est pour un film qui, contre toute attente, fait montre d’un apaisement et d’un humanisme rares chez le cinéaste britannique aujourd’hui âgé de 88 ans, dont le dernier film est le tonitruant Gladiator 2. « Rien n’est planifié », assure-t-il, en ajoutant que ce qui lui a plu dans le roman de Peter Heller, c’est « la célébration de la nature ».

The Dog Stars se déploie en effet dans de grands espaces qui renvoient aux westerns des origines. Sauf que nous sommes en 2035, dans un monde post-apocalyptique. « Un virus mortel, une panique provoquée par une catastrophe bancaire mondiale comme en 2008, les dômes thermiques au-dessus de l’Europe ou des États-Unis… Tout à coup, vous vous retrouvez dans le chaos. J’adore cette idée, depuis toujours, parce qu’elle renvoie à ce que nous sommes. Nous ne prenons pas soin de nous, nous ne corrigeons rien. Nous sommes sacrément stupides, alors que toutes les nations devraient accepter de se mettre d’accord. »

Dans le film, Hig (Jacob Elordi), un ancien mécano, vit en autarcie avec un ex-militaire survivaliste, Bangley (Josh Brolin), dans une plaine entourée de montagnes. Son petit avion lui sert à aller chercher quelques victuailles dans la ville voisine de Denver, ravagée et déserte. Et aussi à faire des rondes de surveillance. Des tribus mal intentionnées rôdent. Air archiconnu chez tous les amateurs de récits post-effondrement. Hig est plutôt du genre tolérant, enclin à accueillir son prochain. Bangley préfère tirer le premier. « En France, vous ne connaissez pas ça, mais les États-Unis souffrent d’un manque de contrôle des armes à feu. Il y a plus d’armes que de personnes. Les enfants y ont accès, c’est insensé. »
« Le sol survivra »
Film à grand spectacle, The Dog Stars propose deux scènes d’action où des hordes d’humains rendus à l’état sauvage sèment la terreur. Parenthèses solidement menées, mais déjà vues et peu surprenantes. Ridley Scott étonne davantage quand il contemple les paysages, respecte les silences, et creuse les relations entre les personnages. Comme la rencontre du jeune pilote avec Cima (Margaret Qualley) et son père (Guy Pearce), dans leur ferme isolée. Là encore d’abord la menace, la méfiance, puis le dialogue, sur fond de retour à la terre. « Si vous êtes fermier, vous pourrez survivre. Le sol lui-même survivra si vous l’entretenez. Des chevaux, des animaux, de l’agriculture… Un fermier devient très précieux. »
Notre avis : 3/5
De Ridley Scott, avec Jacob Elordi, Josh Brolin, Margaret Qualley… États-Unis, 1 h 58, thriller, anticipation, aventures.
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