Un adolescent mis en examen pour avoir projeté une attaque contre son ancien lycée
Ce jeune de 15 ans, proche de l’ultradroite, avait réuni du matériel pour s’en prendre à l’établissement scolaire dont il avait été exclu.

GRICHKA BEYSSON-LEANDRI / Hans Lucas via AFP
Un adolescent mis en examen pour avoir projeté une attaque contre son ancien lycée. (photo d’illustration)
Une attaque « particulièrement préparée ». Un jeune de 15 ans, « plutôt » proche de l’ultradroite, a été mis en examen ce vendredi 18 septembre à Paris pour avoir envisagé de passer à l’action contre son ancien lycée dans le Rhône, a indiqué une source proche du dossier, confirmant une information du Monde.
L’adolescent n’avait pas planifié « de date » pour son attaque, mais il avait réuni le matériel pour, raconte une autre source proche du dossier. Les enquêteurs ont retrouvé un sac avec deux couteaux, une tenue type militaire, une chaîne pour bloquer les portes du lycée...
L’une des sources proches du dossier analyse le profil de ce jeune comme porteur d’« une idéologie avec des marqueurs plutôt ultradroite ». Il envisageait de « cibler de manière indifférenciée les élèves » de son ancien lycée, « dont il avait été exclu », explique-t-elle.
À ce stade de l’enquête, le jeune, interpellé dans le Rhône par la Sous-direction antiterroriste, semble entretenir une « fascination pour les tueries de masse », abonde une autre source proche, et avoir été affecté par la mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale tué en février à Lyon.
Conversations sur Snapchat
Le parquet de Lyon a d’abord dirigé l’enquête, puis les investigations ont été reprises par le Parquet national antiterroriste (Pnat). Cette saisine a notamment été justifiée par l’exploitation du téléphone du jeune homme, a appris l’AFP auprès de l’une des sources proches.
Sur des conversations sur Snapchat notamment, il semble que le suspect ait informé d’autres internautes de ses velléités et ait été encouragé, a encore appris l’AFP de source proche.
L’information judiciaire a été ouverte pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Le juge d’instruction a toutefois prononcé sa mise en examen pour délit de participation à une entreprise individuelle terroriste, il a été placé sous contrôle judiciaire, selon le Pnat. Un contrôle judiciaire contraire aux réquisitions du Pnat, qui avait demandé sa détention provisoire.
Parmi les obligations de son contrôle judiciaire, le jeune doit notamment « respecter les conditions d’un placement éducatif » et « se soumettre à des mesures de suivi psychologique et/ou psychiatrique », a précisé le ministère public. Il a aussi pour interdiction de détenir une arme.
Contacté par l’AFP, son avocat Eliott Amzallag a insisté « sur l’impérieuse nécessité pour les services éducatifs de travailler avec ce jeune, et de l’accompagner sereinement dans sa reconstruction pendant que l’information judiciaire se poursuit ».