Pas de réseaux sociaux avant 13 ans… Qu’est-ce que la "majorité numérique" prépare l’Europe pour une entrée en vigueur "après l’été" ?
Un comité d’experts mandaté par la Commission européenne a rendu ses conclusions ce lundi : il est temps d’encadrer, partout dans l’UE, l’accès des mineurs aux plateformes en ligne. Ursula von der Leyen promet des propositions concrètes "après l’été".
L’Europe prépare une "majorité numérique" par étapes, avec interdiction totale avant 13 ans, zéro réseau social avant 13 ans. Selon la présidente de la Commission, l’enfance est une période délicate pour le développement du cerveau, durant laquelle les enfants doivent pouvoir jouer, se faire des amis et construire leur personnalité dans le monde réel, sans qu’un algorithme ne s’en charge à leur place.
C’est la ligne défendue par le comité présidé par l’épidémiologiste Maria Melchior et le pédopsychiatre Jörg Fegert : interdire aux moins de 13 ans l’accès aux réseaux sociaux et même aux assistants d’IA. Sauf usage encadré par un parent ou dans un cadre scolaire. Entre 13 et 18 ans, l’accès resterait conditionné à une vérification d’âge fiable et à des plateformes prouvant qu’elles ont supprimé leurs fonctionnalités les plus addictives. Les Etats resteraient libres d’aller plus loin. Ce n’est qu’à 18 ans que les Européens obtiendraient leur pleine autonomie numérique, avec toujours une vérification d’âge pour les contenus réservés aux adultes.
La France déjà engagée, l’Estonie freine des quatre fers
Plusieurs pays ont pris de l’avance sur le sujet, la France en particulier, mais aussi l’Espagne, la Grèce, le Danemark, l’Autriche ou la Suède, qui restreignent déjà ou envisagent de restreindre l’accès des mineurs aux réseaux. A l’inverse, l’Estonie s’oppose à toute interdiction, et une partie des Vingt-Sept n’a pas encore tranché. D’où l’intérêt, pour Bruxelles, d’une règle commune : elle éviterait un patchwork de législations nationales et serait plus simple à faire respecter par les plateformes, déjà largement régulées à l’échelle européenne.
En parallèle, la Commission a haussé le ton vendredi dernier en sommant Meta de revoir les interfaces d’Instagram et Facebook, jugées trop addictives, sous peine d’amende comme elle l’avait déjà exigé de TikTok en début d’année.