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REPORTAGE. "On aurait dû nous faire confiance" : dans ce lycée de Toulouse, l'interdiction du téléphone portable ne fait pas l'unanimité

l'essentiel REPORTAGE. Mardi, 8 h 30. Devant les grilles de la cité scolaire Rive Gauche à Toulouse, les pouces pianotent à toute vitesse sur les écrans. Dès ce matin de rentrée scolaire, l'interdiction du smartphone s'impose pourtant à tous les lycéens, provoquant de vifs débats parmi les élèves. Comment perçoivent-ils cette nouveauté ? La Dépêche a été à leur rencontre.

Devant la cité scolaire Rive Gauche ce mardi 1er septembre, la plupart des élèves ont le nez rivé sur leur écran. Les pouces s'activent pour caler les retrouvailles devant la grille ou prévenir les parents. Pourtant, dès aujourd'hui, une nouvelle règle entre en vigueur : l'interdiction du téléphone portable dans les lycées.

Chez les élèves de seconde, la mesure suscite beaucoup de curiosité. "On avait fait une journée portes ouvertes l'an dernier. Ils nous avaient dit que c’était interdit en cours, mais autorisé dans les couloirs. Ça a changé ?", s'interroge une nouvelle arrivante.

Des règles différentes en fonction des lycées

Entre-temps, le gouvernement est passé par là avec une loi promulguée le 24 août. Les lycées appliquent la même interdiction déjà en vigueur dans les écoles et collèges.

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Chaque directeur d'établissement peut en fixer les modalités dans son règlement intérieur. "C’est injuste parce que les règles changent en fonction des lycées", pointe Inas. Dans certains lycées, l'interdiction est totale. Ici, les élèves sont briefés : aucun téléphone en classe, ni dans les couloirs. Dans la cour, les règles ne s'appliquent plus.

"On nous a demandé de montrer l'exemple"

Même les élèves majeurs en études supérieures seront priés de laisser leur téléphone caché dans les couloirs qu'ils partagent avec les lycéens. "On nous a demandé de montrer l'exemple", explique Gabin*.

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Vitalina ne voit pas la différence avec le collège, où les téléphones sont déjà interdits. "Tout le monde en parlait ce matin ! Mais pendant les cours, ça ne sert à rien."

Son camarade Ilyan hausse les épaules : "On l’utilise beaucoup en dehors, mais là, ça va, ça ne me manque pas." Le jeune homme peine pourtant à masquer l'habitude : à peine le portail franchi, son smartphone réapparaît déjà au creux de sa main.

"On oublie de manger parfois"

"C’est la pire chose ! Ça manque pendant et en dehors des cours", tranche Mohamed, dépité. Pour les premières et terminales, les habitudes ont la vie dure.

Ilyes, en seconde, déplore le manque de cohérence : "C’est nul. On est grands maintenant, on aurait dû nous faire confiance. Et puis, c’est contradictoire : on a le droit dans la cour mais pas dans les couloirs, ça n'a aucun sens."

À l'inverse, Lila* salue la mesure : "On est déjà tout le temps dessus à la maison. Jusqu'à oublier de manger parfois. C'est bien qu'on soit obligés de décrocher."

Avant même de franchir le portail, la plupart des lycéens avaient déjà le portable en main. "T'es où ? Et Théo ? Attends, je l'appelle." Et hop, les affaires reprennent.

Il faudra du temps avant de dresser le bilan de cette pause numérique, mais son efficacité semble déjà bien compromise par la réalité du terrain.