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REPORTAGE. "Notre village, il est mort" : dans l'Oise, l'implantation de deux data centers alarme les riverains

Lors d'une dernière réunion publique à Rantigny, mercredi, à propos de ces deux data centers nouvelle génération dédiés à l'intelligence artificielle, de nombreux habitants ont montré leur opposition.

Radio France

Publié le 20/08/2026 07:53

Temps de lecture : 2min

Un centre de stockage de données installé à Nancy. (TRISTAN BARRAUX / RADIO FRANCE)
Un centre de stockage de données installé à Nancy. (TRISTAN BARRAUX / RADIO FRANCE)

Il en existe déjà plus de 300 sur le territoire français. Depuis quelques années, les data centers, centres de données, sortent de terre pour héberger des serveurs et des équipements informatiques afin de stocker, traiter et transmettre les données. À Rantigny, près de Creil, dans l'Oise, deux data centers nouvelle génération dédiés à l'intelligence artificielle doivent voir le jour sur une ancienne friche industrielle d'ici 2029. Mercredi 19 août dans la soirée, une dernière réunion publique a été organisée dans le village de 2 500 habitants, dont beaucoup sont venus montrer leur opposition au projet.

Dans la petite salle des fêtes en pierre de Rantigny, les porteurs de projet tentent de convaincre les habitants du secteur. "Il y a zéro litre d'eau utilisé pour le refroidissement", assurent-ils. Mais les trois hommes en chemise blanche sont chahutés par les résidents.

La plupart des 300 personnes présentes ne sont pas convaincues, à l'image de Xavier, qui habite à moins d'un kilomètre des futurs data centers. "En fait, c'est la qualité du projet, pointe-t-il. C'est vraiment un projet qui était déjà de mauvaise qualité à la base. Il a été en partie rattrapé par l'État pour le mettre à niveau d'un point de vue technologique et réglementaire, mais on est vraiment au minimum. A priori, il y aura quand même des désagréments. Rien n'est parfait."

Parmi ces désagréments se trouve la chaleur dégagée par ces centres de données. Pour Christophe, apiculteur, dont les ruches sont installées à 100 mètres du projet, "ça va être catastrophique". "Deux degrés à moins de 100 mètres, cela va provoquer la mort des faux-bourdons, des mâles, qui sont là pour la fécondation des reines, explique-t-il. L'endroit n'est pas du tout approprié. Notre village, il est mort, nos villages sont morts."

"Ça veut dire que, progressivement, je vais avoir des ruches sans reines, donc je vais perdre la totalité de mes ruches."

Christophe, apiculteur

à franceinfo

"Notre maison sera à moins de 300 mètres du futur data center, s'inquiètent également Laura et son mari qui habitent dans un hameau d'une commune voisine. Déjà, première chose, la maison sera totalement dévaluée. Et ensuite, on ne nous propose rien en termes de réelle étude sur l'impact et la vue qu'il y aura directement chez nous."

À la fin de la réunion, les porteurs de projet sont pris à partie par les habitants, sous l'œil attentif des gendarmes. "Est-ce que vous voudriez vivre avec vos enfants à moins de 500 mètres d'un data center ?", sont-ils apostrophés. "Si le data center n'est pas visible d'un point de vue paysager, s'il n'y a pas de nuisance sonore, s'il n'y a pas de risque d'un point de vue sanitaire…", rétorquent-ils. "Il y a beaucoup de si là !" "Oui mais les si, ce sont justement les études !"

"Ce sont des infrastructures qui ont beaucoup évolué et donc il faut se fier aux études, appuie Fayçal Idelcadi, l'un des porteurs du projet. On est passé par des cabinets d'études connus et reconnus. Aujourd'hui, nous, on se base sur des données objectives et, bien évidemment, il y aura toujours des oppositions." Pour sa part, la communauté de communes défend l'installation de ces data centers qui pourraient générer 100 à 200 emplois directs.

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