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REPORTAGE. "90 % des incendies démarrent par une activité humaine" : immersion au cœur du massif des Landes de Gascogne avec une patrouille de gendarmerie, déployée pour surveiller les forêts

l'essentiel En Lot-et-Garonne, les incendies se multiplient par ces temps de fortes chaleurs et de sécheresse. Notamment dans la forêt des Landes de Gascogne. Le groupement de gendarmerie du département a alors décidé de déployer des pelotons de vigilance feux de forêt du samedi 18 juillet au lundi 3 août. Une douzaine de réservistes rôdent toute la journée pour repérer d'éventuels départs de feu ou s'assurer que l'arrêté préfectoral est bien respecté. On a embarqué à bord d'une des patrouilles mises en place. Reportage.

Au beau milieu du massif des Landes de Gascogne, un Peugeot Partner bleu foncé de la gendarmerie arpente les chemins forestiers. À bord, Jérôme, Philippe et Céline ne cessent de jeter des regards attentifs autour d'eux. Parfois, les têtes balayent l'horizon dans un mouvement incessant, digne d'un échange sur le court central de Roland-Garros. Si tous trois se prêtent à cet exercice, ce n'est pas pour contempler la beauté de ce coin du Lot-et-Garonne... mais plutôt pour le surveiller rigoureusement.

Des incendies à la chaîne

Par ces temps de canicule et de sécheresse intenses, les incendies s'enchaînent dans le département, placé en vigilance rouge feux de forêt. Exemple mardi 21 juillet. Trois hectares brûlés à Fargues-sur-Ourbise. Six à Espiens. Le lendemain, six départs de feu surviennent le long de la D8. À peine le temps de cligner des yeux qu'une intervention en suit une autre.

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Quand on parle de feux de forêt, on pense forcément aux sapeurs-pompiers, en première ligne pour se battre contre les flammes. Mais les soldats du feu ne sont pas les seuls à intervenir. Pourtant pas munis de lances, les gendarmes, eux aussi, constituent un maillon essentiel des dispositifs. Notamment pour sécuriser les lieux ou barrer les routes si besoin.

9 feux sur 10 sont d'origine humaine

Raison pour laquelle le groupement de gendarmerie du département a mis en place, samedi 18 juillet, des pelotons de vigilance feux de forêt. Leurs missions : faire appliquer l'arrêté préfectoral - qui interdit, entre autres, de se promener en forêt de 14 à 22 heures -, repérer d'éventuels départs de feu... "90 % des incendies démarrent par une activité humaine volontaire ou non, atteste le commandant Maxime Kerrien. On se doit d'avoir une présence beaucoup plus forte dans ce contexte particulier."

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Ce mercredi 21 juillet après-midi, une douzaine de réservistes se rassemble dans la cour de la brigade de Damazan. Une fois les ordres donnés, chacun part quadriller son secteur. Céline, ancienne gendarme, partie en retraite en 2013 pour se consacrer à sa vie de famille, s'enchante de participer à ce genre de missions. "On se sent vraiment utiles, livre la Corrézienne. Même avec de petites choses, comme bloquer un rond-point pour permettre aux pompiers de passer."

Patrouille dans les chemins forestiers pratiquables

À bord de l'utilitaire, un fond de Nostalgie FM est à peine audible. Priorité absolue à la radio des gendarmes, bien entendu. Jérôme, Philippe et Céline s'aventurent dans les chemins forestiers les plus pratiquables - une unité équipée de motocross s'occupe des plus sablonneux. Le véhicule roule au pas. D'abord parce que la topographie du terrain l'oblige. Mais surtout pour veiller méticuleusement. Pas de fumée à l'horizon. Les forêts sont, en apparence, plutôt calmes. Quiétude trompeuse ?

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Peu après 16 heures, les gendarmes repèrent une voiture blanche stationnée dans un chemin. "Elle fait une pause, peut-être ?", s'interroge l'un d'eux. Ils s'arrêtent tout de même pour vérifier. Bon flair. Car les trois réservistes constatent une infraction en flagrant délit. La conductrice vient de jeter un mégot par terre. "Elle est éteinte", se défend la Lot-et-Garonnaise. "Vous ne voyez pas le problème ?", rétorque Céline.

"Les gens devraient savoir que c'est un comportement à risque"

"On est en alerte rouge, il y a des incendies partout... Les gens devraient savoir que c'est un comportement à risque", glisse Philippe, en retrait. Résultat : l'automobiliste hérite d'une contravention de 135 euros. "Certains disent : 'Ça fait cher la clope'. Mais derrière, on évite peut-être qu'ils recommencent, et qu'on peut éviter que quelque chose de bien plus grave se produise", explique la gendarme après l'intervention.

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Pour l'heure, la mission des pelotons de vigilance feux de forêt s'étend jusqu'au lundi 3 août. Elle pourrait s'allonger aussi longtemps que le thermomètre et l'état des forêts l'exigeront.