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Présidentielle : "Il n'y a jamais eu aussi peu de militants dans les partis politiques qu'aujourd'hui"

Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques, invité de France Inter, dresse l'état des lieux du militantisme politique alors que les partis politiques organisent leurs universités d'été, à quelques mois de l'élection présidentielle.

"Il n'y a jamais eu aussi peu d'adhérents et de militants actifs dans les partis politiques qu'aujourd'hui", affirme Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques, alors que les universités d'été des principaux partis politiques débutent, à quelques mois de l'élection présidentielle. "Il y a une fourchette de 500 000 adhérents dans les partis, ce qui fait 1% du corps électoral", précise-t-il.

Mais ces chiffres sont à prendre "avec des pincettes", prévient le chercheur. Parfois, un adhérent peut être un simple sympathisant. "C'est le cas par exemple à la France Insoumise, qui revendique 400 000 Insoumis mais un Insoumis ne paye pas de cotisation, il a simplement mis un mail sur une plateforme. C'était le cas aussi de La République En Marche entre 2017 et 2022 qui avaient adopté ce système d'adhésion gratuite." Il est donc "très difficile de mesurer l'intensité réelle du militantisme mais il est clair qu'il baisse".

Des partis politiques peu attractifs

Selon Rémi Lefebvre, les raisons qui poussent les citoyens à devenir militants sont aujourd'hui "familiales", notamment au parti communiste, socialiste et les Républicains. Il y aussi, parmi les militants, beaucoup de "professionnels" : des élus, leurs collaborateurs, ou des "personnes qui travaillent dans le domaine de la politique", explique le chercheur.

Parmi les raisons qui poussent au militantisme, "il y aussi la volonté de changer la société". Mais sur ce point, "les partis politiques ne sont pas très attractifs", notamment pour la “jeune génération" qui pense "qu'on change plus la société par le militantisme associatif, féministe ou antiraciste qu'au sein des partis", affirme-t-il.

Des militants inutiles ?

"La question de l'utilité des militants est aujourd'hui posée", estime le professeur de sciences politiques. "Les militants servaient à financer les partis politiques via les cotisations, mais aujourd'hui, ils sont principalement financés par des dotations publiques, indexées sur les résultats aux élections", rappelle Rémi Lefebvre.

De plus, "les partis ont de moins en moins besoin de militants car via les réseaux sociaux et Youtube, on touche des centaines de milliers d'électeurs, quand le porte-à-porte et le tractage demandent beaucoup de main-d'oeuvre", explique-t-il. Les partis ont toujours besoin des militants, notamment pour les universités d'été ou les meetings, reste que la "politique ne se joue plus par la mobilisation en présentiel mais plus dans les médias et sur les réseaux sociaux".