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Remco Evenepoel avoue des sensations en demi-teinte à Montréal - Sport.fr

Quelques jours seulement après avoir brillé au Québec, Remco Evenepoel a livré un tout autre discours au sortir du Grand Prix de Montréal. Le Belge reconnaît ne pas avoir retrouvé ses meilleures sensations, loin de l’euphorie affichée en début de semaine canadienne.

Le contraste, en l’espace de quelques jours seulement, a de quoi surprendre. Vainqueur spectaculaire du Grand Prix de Québec vendredi dernier sous les couleurs de Red Bull-BORA-hansgrohe, Remco Evenepoel n’a visiblement pas retrouvé les mêmes jambes lors du Grand Prix de Montréal, disputé quelques jours plus tard dans le cadre du même doublé canadien. Une franchise qui tranche avec l’image parfois plus policée qu’affichent certains champions au sortir d’une course.

Le Belge n’a pas cherché à enjoliver la réalité. Interrogé sur sa performance montréalaise, il a reconnu sans détour ne pas avoir eu les meilleures sensations sur les pentes répétées du Mont-Royal, un circuit exigeant qui ne pardonne généralement aucun relâchement physique. Une déclaration qui, venant du champion olympique et multiple lauréat de classiques, mérite d’être prise au sérieux tant Evenepoel a toujours été réputé pour son exigence personnelle.

Ce genre de discrépance entre deux courses rapprochées dans le calendrier n’a rien d’exceptionnel dans le cyclisme professionnel. Enchaîner deux classiques d’un jour à quelques jours d’intervalle, sur un continent différent qui plus est, impose une gestion physiologique délicate — décalage horaire, fatigue accumulée, récupération parfois compliquée par les déplacements intercontinentaux. Autant de paramètres qui peuvent expliquer, sans excuser totalement, ce coup de moins bien ponctuel.

Pour Evenepoel, l’enjeu de cette fin de saison reste ailleurs, avec en ligne de mire les Championnats du monde qui approchent à grands pas. Le doublé québécois, aussi exigeant soit-il physiquement, fait figure de répétition générale avant l’échéance majeure de l’automne — et c’est peut-être justement cette gestion à plus long terme qui explique la lucidité affichée par le Belge sur sa prestation montréalaise.

Le vestiaire de Red Bull-BORA-hansgrohe ne semble d’ailleurs pas s’en inquiéter outre mesure. Un jour sans, aussi frustrant soit-il sur le moment, reste monnaie courante dans une saison aussi dense que celle des meilleurs coureurs World Tour actuels. L’essentiel, pour Evenepoel, réside désormais dans la capacité à retrouver rapidement ses sensations optimales avant les grands rendez-vous de fin d’année.

Reste que cette franchise assumée, loin de fragiliser son image, pourrait bien renforcer la confiance placée en lui par son encadrement. Un champion capable de reconnaître ses limites du jour, sans pour autant remettre en cause ses ambitions globales, envoie généralement un signal positif sur sa maturité sportive et mentale.

D’ici les Mondiaux, Evenepoel dispose encore de quelques jours pour peaufiner sa préparation et retrouver l’allant qui a fait sa réputation ces dernières saisons. Le Belge, habitué aux grands raouts internationaux, sait mieux que quiconque transformer une petite déconvenue en carburant pour la suite.