« Rejoindre l'armée d'élite de la Légion étrangère me rend très fier » : cet étudiant de GEM concilie stages commando et cybersécurité chez Wavestone
Dans quelques semaines, Lucas troquera son képi blanc contre les couloirs feutrés d'un grand cabinet de conseil. Étudiant en triple master à l'école de commerce GEM mais aussi réserviste dans l'unité d'élite de la Légion étrangère depuis 2 ans, ce jeune homme de 22 ans rejoindra en septembre Wavestone comme consultant en cybersécurité. Sans pour autant raccrocher l'uniforme ! Un quotidien qui s'annonce chargé, vous en conviendrez facilement. « Mais je m’en sors plutôt bien jusqu’ici ! », rassure-t-il.
A la vue de son parcours, on aurait presque pu deviner où Lucas atterrirait. Il naît en Angleterre, y grandit pendant sept ans, avant que sa famille ne rentre en France et s’installe à la lisière du camp de Canjuers, le plus grand camp militaire d’Europe. Il y croise des soldats quotidiennement, les observe au loin, leur parle parfois. « Ça a peut-être aidé à créer la vocation… », admet-il.
Vidéo
Lire aussi
Lycée militaire d’Autun, puis classe préparatoire militaire en Bourgogne : l’objectif est clair, intégrer le prestigieux Saint-Cyr. Mais Lucas rate le concours « de peu ». Deux options s’offrent alors à lui : rentrer directement dans l’armée comme sous-officier, ou poursuivre ses études pour « garder ses options ouvertes ». Poussé par ses parents, il choisit la seconde voie. « Si demain je me blesse et que je dois retourner à la vie civile, qu’est-ce que je peux faire sans diplôme ? »
« Rejoindre cette armée d’élite me rend très fier »
Direction donc GEM, l’école de commerce de Grenoble. Il y bâtit un triple diplôme avec l’IRIS, l’institut de géopolitique de Pascal Boniface, et l’Institut de préparation à l’administration générale (IPAG), trois masters menés simultanément. Et il y a bientôt deux ans, il s’engage dans la réserve de la Légion étrangère. « Je suis né dans un autre pays, j’ai grandi ailleurs. Alors rejoindre cette armée d’élite, qui plus est très réputée, me semblait très cohérent. Et me rend très fier. »
Lire aussi
En deux ans, il a accumulé près de 200 jours de réserve, sans interrompre ses études. Un équilibre rendu possible par une scolarité sur mesure : début juin, GEM a signé un partenariat avec la Garde nationale, rattachée au ministère des Armées, permettant aux étudiants d’effectuer jusqu’à 50 jours de réserve par an sans pénalité sur leur cursus.
« L’idée est de proposer un aménagement à nos étudiants engagés, et reconnaître leur engagement en attribuant des ECTS supplémentaires et une mention supplémentaire sur le diplôme par exemple », illustre Philippe Monin, directeur académique de GEM et porteur du projet, qui place l’école dans le sillage de cinq autres business schools françaises déjà engagées avec la Garde nationale.
Des bons résultats qui lui permettent de « justifier plus facilement ses absences »
Lucas, lui, en bénéficiait avant même la signature officielle du partenariat. Sa situation l’imposait. Il avait déjà rejoint la Légion, affichait de bons résultats dans ses trois masters, et occupait un poste de secrétaire général d’une association à GEM. Ce qui lui assurait de bonnes relations avec l’administration, laquelle se montrait particulièrement conciliante lorsqu’il devait s’absenter au pied levé. Les convocations de la Légion étrangère tombant fréquemment sans préavis.
Ses camarades de la Légion sont vite « devenus [sa] deuxième famille »
Mais pour quoi faire concrètement ? Des missions Sentinelle dans les gares et aéroports pendant presque trois mois l’an dernier, puis un mois cet été. Des missions de surveillance de dépôts de munitions. Ou encore des stages commando, dont le nom musclé dispense de détails.
Deux semaines particulièrement éprouvantes, mais qui soudent : « On était tous de parfaits inconnus au début. Et puis en quelques semaines, ils sont devenus ma deuxième famille. » Lessivé, il rentre passer ses partiels la semaine suivante. Le résultat ? « Très bons », explique-t-il. Avant de vite tempérer ce qui est pourtant un joli succès : « Mes examens étaient tous en anglais, qui est ma langue natale, alors bon… »
Un poste en alternance chez Wavestone en septembre
De quoi lui permettre de rejoindre d'ici quelques semaines le cabinet de conseil Wavestone, en tant que consultant en cybersécurité pour le ministère des Armées, mais aussi pour le privé. « J’ai été accepté quand les autres candidats sortaient souvent de HEC ou Sciences Po. C’est une vraie fierté », dit-il.
Lire aussi
Wavestone est lui aussi partenaire de la Garde nationale, ce qui garantira à Lucas, même salarié, de continuer à servir la Légion jusqu’à vingt jours par an. « J’ai eu beaucoup de chance d’avoir cette opportunité ».
Son futur employeur lui permet d’échapper à 20 000 euros de frais annuels de scolarité
Cette alternance répond aussi à un impératif financier. Depuis sa troisième année de licence, la facture n’a cessé de grimper pour Lucas. Cette année encore, il a dû recourir à un prêt étudiant pour couvrir 24 000 euros de frais de scolarité. L’an prochain, l’alternance lui évitera donc de débourser 19 400 euros supplémentaires. Et lui assurera, en prime, un revenu d’environ 2 000 euros nets par mois, hors primes.
Lire aussi
Auxquels s’ajoute la rétribution de la Légion, payée à la journée avec prime d’activité lors des déploiements, dont il préfère ne pas détailler le montant. Mais il l’assure : « Être réserviste, c’est un très beau job étudiant (et pas que) pour les personnes qui souhaitent être utiles et servir la France ! ».
Cet article a rencontré un large succès lors de sa première publication le 19 juin 2026. Nous vous le proposons de nouveau aujourd'hui.