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Refus du traitement des docteurs belges, communication délicate et bouderie : comment Jeremy Doku a raté sa Coupe du monde

Le tournoi s'est peut-être fini trop vite pour Jeremy Doku, après sa prestation la plus encourageante contre l'Espagne vendredi soir à Los Angeles. Mais l'impression restera que son Mondial n'a jamais vraiment commencé. Il devait être la star de l'équipe belge, il en aura été la grosse déception.

La Coupe du monde de l'ailier de Manchester City a tourné dans le mauvais sens avant même de poser le pied sur le sol américain. Ce qui ressemblait à un gros rhume à Tubize s'est révélé être une vilaine infection pulmonaire à Seattle. "Il y a des moments où il ne savait presque plus respirer. Ce n'était pas quelque chose d'anodin", détaille son ami Dodi Lukebakio.

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Mais c'est surtout le traitement qui aura posé des problèmes en interne. Le staff médical estimait qu'il fallait rapidement lui prescrire des médicaments assez puissants, à base de cortisone. Méfiant, Doku a refusé, préférant une méthode plus douce. Trop douce peut-être. Les jours passaient sans que son état ne s'améliore, loupant plusieurs séances d'entraînement.

Doku a refusé le traitement du staff médical belge, préférant une méthode plus douce.

Pas vraiment amusé par tout cela, Rudi Garcia l'a quand même aligné contre lors du premier match, contre l'Égypte. Mais Doku n'était pas lui-même. Ni physiquement, ni mentalement, lui qui avait déjà la tête à Londres où son épouse Shireen arrivait au terme de sa grossesse. Un heureux événement concomitant avec sa maladie, ce qui n'a rien arrangé à cette drôle de situation.

Dans la seule interview qu'il aura accordée aux médias de tout le tournoi (pas de conférence de presse, pas d'arrêt en zone mixte après les matchs), Doku avait expliqué vouloir assister à la naissance de son premier enfant. "Parce que cela passe au-dessus de tout."

La fédération ne pouvait plus refuser à son meilleur joueur (sur papier) de se rendre auprès de son épouse, même si elle créait un privilège rare aux yeux des autres sélectionnés. À la veille de la rencontre face aux Égyptiens, le service communication avait d'ailleurs convoqué à la hâte les journalistes belges juste avant la conférence de presse, avec une demande : "Ne posez pas de question au coach sur le cas Doku parce que ce n'est pas le bon moment pour ça."

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Pas de question à Rudi Garcia sur le cas Doku svp.

Le sujet était brûlant. Forfait pour le deuxième match contre l'Iran, Doku a reçu l'autorisation exceptionnelle de rejoindre Shireen à la maternité juste après la rencontre. Un aller-retour éreintant entre les heures de vol, le décalage horaire et les microbes. Il a passé le vol avec un masque FFP2 sur la bouche et un médecin du staff à côté de lui. Arrivé juste à temps, il a assisté à la naissance de son petit Praise.

Un happy end hollywoodien ? Pas vraiment. En rentrant au camp de base à Seattle, Doku a continué à souffrir plusieurs jours. Garcia n'était pas chaud pour l'aligner contre la Nouvelle-Zélande, le match qui devait valider la qualification encore incertaine des Diables. Mais des discussions internes l'ont quand même fait pencher vers une titularisation, décevante à nouveau.

Le plan Doku, qui était le principal utilisé par le sélectionneur depuis son arrivée en Belgique, ne pouvait plus fonctionner avec un joueur aussi loin de sa meilleure forme physique. Le remettre dans le onze pour le seizième de finale contre le Sénégal aura été l'une des plus mauvaises du tournoi.

Remplacé avant l'heure de jeu quand les Lions de la Teranga menaient 2-0, Doku était très déçu de sortir. Il n'a même pas cherché à cacher son incompréhension, ni à sa sortie du terrain, ni dans le vestiaire où il n'a pas posé sur la photo où tous les autres Diables fêtaient la remontada dans la joie.

Un statut de leader à retrouver pour l'Euro chez lui

La sanction sportive était aussi inévitable qu'inimaginable avant le tournoi : Doku guéri mais réserviste pour le huitième de finale contre les États-Unis, le match qui faisait basculer le tournoi belge du bon ou du mauvais côté pour l'opinion publique et les dirigeants de la fédération.

Il faut dire que Doku n'avait pas fait grand-chose pour inverser la tendance dans les coulisses. Même s'il n'a jamais été une bête d'entraînement, ses séances ne donnaient pas envie d'encore le préférer aux autres ailiers, plus affamés que lui.

Il s'est repris par la suite, conscient qu'il pouvait encore sauver son tournoi à partir des quarts de finale. Garcia l'a réinstallé dans le onze face aux Espagnols, en sachant que Doku serait aussi motivé par son match dans le match avec Yamal. On connaît la suite.

Le Citizen rentre maintenant auprès de sa petite famille en Angleterre. À la fédération, on espère qu'il reviendra en septembre à Tubize en ayant digéré cette Coupe du monde ratée. Pendant la première salve des matchs de Nations League, il fêtera sa 50e cap et devra surtout retrouver un statut de leader chez les Diables, jusqu'à l'Euro 2028 dans une Grande-Bretagne où il est chez lui.

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