Canadiens pour toujours fera campagne comme annonceur tiers
Après plusieurs mois à faire la promotion de l’unité canadienne, le groupe Canadiens pour toujours fera campagne comme annonceur tiers inscrit auprès d'Élections Alberta.
Tous les gens qui nous soutiennent souhaitent qu’on milite de façon plus franche à propos de la question 10, affirme son leader, Thomas Lukaszuk.
L’ancien vice-premier ministre de la province invite donc les Albertains à choisir l’option 1, soit le maintien de l’Alberta au sein du Canada, lors du référendum portant notamment sur la place de l’Alberta au sein du Canada.
Selon lui, ce changement stratégique n’a pas vraiment d’avantages, mais à partir du moment où on décide de militer pour une réponse spécifique à une question, il faut s’inscrire.
Thomas Lukaszuk mentionne qu’Élections Alberta permettait à Canadiens pour toujours de ne pas être un annonceur tiers parce que le groupe faisait la promotion de l’unité canadienne sans explicitement faire la promotion de l’une ou l’autre des options à la question référendaire.
Cette décision arrive au lendemain du concert pour l’unité qu'a organisé l’organisme.
Le nouvel annonceur tiers devra donc désormais respecter les limites de dépenses et de dons qui sont imposées en vertu de la Loi sur le financement électoral et la publication des contributions.
Option 1 : L’Alberta doit rester une province du Canada.
– OU–
Option 2 : Le gouvernement albertain devrait entamer le processus légal prévu par la Constitution canadienne en vue de la tenue d’un référendum contraignant pour déterminer si l’Alberta devrait, ou non, se séparer du Canada.
Une décision qui suscite le débat
Stephen Carter, le fondateur de la campagne Alberta’s Voice, un autre annonceur tiers qui promeut l’option fédéraliste, se questionne sur le moment de l’annonce.
Hier, ils ont organisé un concert qui pourrait coûter des centaines de millions de dollars, où l’entrée était gratuite. Qui a payé pour ça, comment l’argent a-t-il été récolté, pourquoi ont-ils choisi de l'annoncer aujourd’hui?, demande-t-il.
À mon avis, les gens devraient s’inscrire [comme annonceurs tiers], ils devraient déclarer leurs donateurs et leurs dépenses [...] parce que c’est la bonne chose à faire. Il ne faut pas que la légitimité des résultats soit remise en cause parce que quelqu’un n’a pas suivi les règles.
Tout le monde doit suivre les règles pour qu’il n’y ait pas de doute que le processus était juste, souhaite-t-il.
Stephen Carter mentionne aussi qu’il accueille Canadiens pour toujours dans le camp du maintien au Canada alors qu’il reste quatre semaines avant le référendum.
Le stratège politique précise aussi que les dons sont limités à 5000 $ par personne et que la limite de dépenses est de 605 000 $.
Cory Morgan, de Pathway to Independence, un annonceur tiers indépendantiste, soutient que le statut de Canadiens pour toujours lui pose un problème depuis un certain temps. M. Lukaszuk évite les règles depuis longtemps, dit-il.
Cory Morgan estime que la position du groupe était déjà explicite et que ces activités précédentes doivent être déclarées en conformité avec le statut d’annonceur tiers.
Ils ont acheté et distribué gratuitement des dizaines de milliers de pancartes ces derniers mois, ce qui équivaut probablement à 400 000 $. Les Albertains ont le droit de savoir d’où vient le financement.
Thomas Lukaszuck affirme que c’est à Élections Alberta de déterminer ce qu’il adviendra de la campagne de financement récolté avant aujourd’hui. Le financement a été récolté lors de la campagne pour l’unité, et le financement récolté à partir de maintenant sera dirigé vers nos activités d’annonceur tiers, maintient-il toutefois.
Keith Wilson, de l'annonceur souverainiste Let Alberta Decide, mentionne qu'il a transmis une plainte à Élections Alberta en juillet dernier afin de demander une enquête sur les activités de campagne de Canadiens pour toujours.
L'annonce, à la fin de septembre, que Canadiens pour toujours fera explicitement campagne pour l'option 1 ne résout pas mes interrogations portant sur ses activités de campagne effectuées avant aujourd'hui, soutient l'avocat. Il ajoute que son questionnement s'explique par le souci d'égalité entre les partis et de confiance du public.
Avec des informations de Louis-Philippe Trozzo et Ted Henley