Récit d’une femme impudique
« Légère comme une enclume » de Zelba est un récit de nouvelles autobiographiques très culottées !
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N’avez-vous pas peur de passer pour une femme impudique ? » questionne le personnage en bande dessinée de Zelba parlant à son miroir, dans la quatrième de couv de son album Légère comme une enclume. Dans ce recueil autobiographique de 35 histoires courtes, Zelba, 53 ans, une Allemande vivant en France se livre sans fard ni tabou.
Cette autrice de bande dessinée qui s’est rendue populaire grâce à son blog « Ma vie de poulpe » avant de publier ses premiers albums (Une bouteille à la mer avec Isabelle Autisser, Mes mauvaises filles...) met en scène son propre quotidien de femme, mère de famille et amante, pour aborder de front le désir féminin, la nudité, mais aussi le harcèlement, le syndrome de l’imposteur ou l’engagement climatique.
La dessinatrice et scénariste narre avec beaucoup d’humour ses péripéties avec son sex toy fétiche « Lindbergh », ses premières fois amoureuses et sexuelles mais aussi sa vie de couple et de mère dans un monde où le rapport à la sexualité et au choix du genre est en plein bouleversement.

Une mise à nu, mais pas trash
Son trait graphique, avec un dessin réaliste et une palette monochrome autour du bleu, colle parfaitement bien à ce carnet intime traitant de sujets graves (xénophobie, sexisme, violences faites aux femmes...). Le tout est saupoudré de beaucoup d’auto-dérision et de subtilité permettant de rendre les histoires plus accessibles. Le format avec une couverture souple à rabats contraste avec les albums traditionnels, cartonnés et aux bords arrondis, de la maison d’édition Futuropolis.
Dans ce recueil de nouvelles autobiographiques, on retrouve un peu le style et l’esprit de Marjane Satrapi (l’autrice franco-iranienne de Persepolis, récemment décédée) ou Guy Delisle (Pyongyang, Chroniques de Jérusalem, etc) ses modèles à qui elle rend hommage dans une des pages.
Mais chez Zelba, à la différence par exemple d’un Jean-Christophe Menu ou d’une Julie Doucet, qui ont fait du récit intime en BD leur marque de fabrique, la « mise à nu » reste plutôt sage et ne verse pas dans le trash. Légère comme une enclume est plus en phase avec l’air du temps, l’explosion de #MeToo et les dénonciations des violences faites aux femmes et du patriarcat. Une BD bien culottée !
Légère comme une enclume, Zelba, éditions Futuropolis, 160 pages, 20 euros (parution 3 juin 2026)
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