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RD Congo : le train urbain de Kinshasa reprend du service après 15 ans d'absence

Le bruit du train, les Kinois ne l'avaient plus entendu depuis près de 15 ans dans cette mégalopole de près de 17 millions d'habitants. Le train urbain bleu ciel aux couleurs de la RD Congo est de nouveau sur les rails, desservant une ligne qui permet désormais de relier l'aéroport au centre-ville de Kinshasa en à peu près une heure.

Cette alternative est bienvenue pour les habitants des quartiers périphériques, régulièrement pris dans d'immenses embouteillages. "Le train ici répond aux besoins de la population. Parce que dans ce train, nous transportons entre 4 000 et 5 000 passagers par train", explique Chadrack Walele, responsable de la ligne. "S'ils prenaient la route, cela leur ferait perdre énormément de temps dans les embouteillages."

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Kinshasa, une mégalopole africaine asphyxiée par ses embouteillages
Image de couverture : Kinshasa, une mégalopole africaine asphyxiée par ses embouteillages © AFP

02:40

À la gare de Masina, commune périphérique située à une dizaine de kilomètres du centre-ville, il faut jouer des coudes pour trouver une place dans les rames bondées. Les passagers qui manquent l'arrêt, long de quelques secondes à peine, doivent grimper en marche.

Le ticket coûte 2 000 francs congolais (0,74 euro) l'aller simple, 4 000 en deuxième et 5 000 en première. Les wagons sont remplis à craquer. Et la chaleur rapidement étouffante à l'intérieur, faute de climatisation.

"Comment on va nourrir nos enfants et payer un transport qui coûte cher ?"

Pour certains habitants, le prix du billet vient ternir ce retour tant attendu. À l'arrivée à la gare centrale de Kinshasa, des milliers de passagers se déversent sur les voies, avec des avis contrastés.

"Nous sommes contents qu'ils aient relancé le train parce que c'est le transport le plus rapide", mais "nous sommes pauvres, nous essayons de survivre, comment on va nourrir nos enfants et payer un transport qui coûte cher ?", s'époumone Gabriel Mfutila, un habitant rencontré sur le quai, avant de disparaître dans les méandres de la mégapole.

Les transports de masse sont considérés comme essentiels à l'avenir des mégapoles africaines, marquées par un fort accroissement démographique et une urbanisation souvent anarchique. Kinshasa en RD Congo, Lagos au Nigeria et Dar es Salaam en Tanzanie pourraient être les villes les plus peuplées au monde d'ici 2100.

La plus grande ville du Nigeria a inauguré en 2023 un train urbain longtemps attendu. Au Sénégal, Dakar a fait de même en 2021, et s'est doté d'un réseau de bus en voies dédiées en 2024 pour décongestionner son centre-ville.

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Mais à Kinshasa, sise au bord du fleuve Congo, de telles infrastructures sont restées à l'état de projet. Et le réseau ferré construit au lendemain de l'indépendance, en 1960, a été progressivement abandonné par l'Office national des transports faute de moyens pour entretenir les voies.

Avec AFP