RC Strasbourg : trois coachs en six mois et un effectif à reconstruire - Sport.fr
Un club qui perd son entraîneur deux fois dans la même saison, son capitaine, son gardien et bientôt son latéral gauche — et qui recrute pendant ce temps quatre joueurs dont aucun n’a plus de 22 ans. Bienvenue à la Meinau, où le modèle BlueCo tourne à plein régime.
Pour le meilleur, parfois. Pour le vertige, souvent.
Trois entraîneurs, six mois
Le résumé donne le tournis. Liam Rosenior, prolongé jusqu’en 2028 au printemps 2025, a été arraché en janvier dernier par Chelsea — le vaisseau amiral du groupe propriétaire du Racing. Il y a depuis été limogé, avant de rebondir au Paris FC en juillet.
Son successeur, Gary O’Neil, n’aura pas fait beaucoup mieux en termes de longévité : nommé en janvier, il a filé fin juin vers Ipswich Town, promu en Premier League.
C’est donc Hugo Oliveira qui a été présenté le 12 juillet. Le Portugais, décrit par le club comme l’un des entraîneurs émergents les plus prometteurs d’Europe et adepte d’un jeu offensif, arrive quelques jours après la reprise. Deux départs en six mois qui accentuent une image tenace : celle d’un club tremplin, pour ses joueurs comme pour ses coachs.
Sur le terrain, le bilan 2025-2026 est ambigu. Huitième de Ligue 1 — donc aucune Coupe d’Europe l’an prochain — mais demi-finaliste de la Ligue Conférence après une première place lors de la phase de championnat. Passionnant et frustrant à la fois.
Quatre recrues, toutes très jeunes
Le Racing n’a pas attendu d’avoir un entraîneur pour recruter. Diogo Sousa, milieu défensif portugais de 20 ans, a ouvert le bal pour environ 10 M€ — le plus gros investissement de l’été alsacien. Puis, le 4 juillet, Benjamin Brantlind : milieu offensif suédois de 17 ans, arraché à l’IFK Göteborg pour environ 1 M€ plus bonus, cinq ans de contrat.
Ont suivi le gardien polonais Miłosz Piekutowski, croisé la saison passée en Ligue Conférence sous les couleurs du Jagiellonia Bialystok, et Mateo Del Blanco. Quatre signatures, quatre paris sur la jeunesse. La méthode ne change pas d’un iota.
Les départs : le capitaine, le gardien, et bientôt le reste
Emanuel Emegha est parti. Le capitaine néerlandais, meilleur atout offensif du Racing, a rejoint Chelsea — un transfert acté depuis des mois dans le cadre de l’écosystème BlueCo, au grand dam d’une partie des ultras qui y voient la fin de l’indépendance du club.
Mike Penders, lui aussi, est rentré à Londres à l’issue de son prêt. Valentin Barco, finaliste de la Coupe du monde avec l’Argentine, a annoncé son départ quelques jours après la fin de la saison et prendrait la même direction.
Oscar Perea a été prêté avec option d’achat au Club América. Recruté 5 M€ à l’Atlético Nacional en 2024, le Colombien de 20 ans n’a jamais dépassé les deux apparitions en équipe première — une douzaine de minutes en tout. Le Mexique comme session de rattrapage.
Timothé Robin a rejoint la réserve de Montpellier.
Ceux qui peuvent encore partir
La liste est longue, et les montants élevés. Diego Moreira dispose d’un bon de sortie, avec des négociations avancées du côté de l’AS Roma — son départ vers l’Italie ne serait plus qu’une question de jours selon la presse locale.
Guéla Doué a reçu une première offre. Le latéral droit ivoirien est annoncé partant à chaque mercato depuis deux ans ; cette fois pourrait être la bonne, mais Strasbourg réclame 40 M€. Julio Enciso, lui aussi mis en lumière par un bon Mondial, figure sur les radars.
Ismaël Doukouré intéresse le Stade Rennais, mais son salaire refroidit les Bretons et le Racing pourrait finalement le conserver. Mathis Amougou, peu utilisé, est suivi par deux formations. Rayane Messi, 19 ans, de retour de prêt de Neom, pourrait repartir.
Le vrai chantier : l’attaque
Il y a une urgence, et elle est offensive. Joaquín Panichelli, meilleur buteur du club la saison passée avec 14 réalisations en championnat, a subi une rupture du ligament croisé antérieur. Il est indisponible jusqu’à la fin de l’année 2026. Ajoutez le départ d’Emegha, et la ligne d’attaque du Racing ressemble à un terrain vague.
Le club cherche donc une pointe. Mais limité par le fair-play financier, il vise un profil accessible : Robbie Ure, attaquant écossais de 22 ans qui brille à l’IK Sirius en Suède, a été identifié. Nice et Lyon suivent le même dossier.
Un gardien titulaire figure également sur la liste des besoins, Penders étant reparti.
Une préparation inquiétante
Les chiffres font mal aux yeux. Sept buts encaissés contre le Sporting Portugal (0-7) pour le premier match d’Hugo Oliveira, puis une défaite face aux Blackburn Rovers (0-2) pour clôturer le stage à Faro, avec un penalty manqué par Samuel Amo-Ameyaw. Deux sorties, deux défaites, zéro but marqué.
Le coach relativise en attendant le retour des Mondialistes cette semaine, qui doivent selon lui apporter de la qualité au groupe. Il faudra faire vite : le championnat démarre le 21 août au Vélodrome, face à l’OM.
Un déplacement à Marseille pour lancer une saison sans Europe, avec un effectif largement recomposé et un entraîneur arrivé en juillet. À Strasbourg, on appelle ça un été normal.