RC Lens : la crise des blessures pousse le club vers une solution qu'il refusait - Sport.fr
À Lens, on n’aime pas improviser. Depuis des mois, le club artésien construit patiemment son effectif, mise sur la continuité, refuse les solutions de facilité. Et pourtant, l’infirmerie a fini par avoir raison des certitudes du directeur sportif Jean-Louis Leca, qui pourrait bien se résoudre à activer un joker médical en cette fin de mois de septembre — une option qu’il écartait fermement il y a encore quelques semaines.
Une hécatombe qui ne s’arrête plus
Le mot n’est pas trop fort. Ligaments croisés, chocs à l’entraînement, coups au genou : la liste des absents s’allonge match après match du côté de Bollaert-Delelis. Jimmy Cabot, victime d’une rupture des ligaments croisés, doit être opéré dans la foulée. Jonathan Gradit soigne une arcade ouverte. Juma Bah, lui, a perdu deux dents dans une collision d’entraînement. « S’il faut y aller avec des points de suture et des dents en moins, on ira », avait lâché Franck Haise, mi-résigné, mi-combatif, en conférence de presse. Une phrase devenue, ou plutôt, en passe de devenir le symbole d’une saison marquée par l’adversité physique.
Leca ne voulait pas en entendre parler
Le contexte est là pour expliquer ce revirement stratégique. Jean-Louis Leca ne souhaitait pas activer de joker — cette possibilité offerte à tous les clubs de Ligue 1, même hors mercato, dès lors qu’une blessure de plus de trois mois est officiellement constatée. Une position de principe, presque une philosophie : miser sur le groupe existant plutôt que de céder à la tentation du recrutement d’urgence. Sauf que l’hécatombe actuelle rebat les cartes, et le dirigeant lensois pourrait bien être contraint de revoir sa copie.
C’est un cas d’école dans le monde du football moderne : jusqu’où un club peut-il tenir sa ligne directrice face à une réalité qui s’impose à lui ? Erreur de gestion ou confiance légitime envers un groupe déjà éprouvé ? Le débat divise jusque dans les rangs des observateurs les plus avertis du club.
Un dossier à suivre de près
Tout s’est accéléré ces dernières heures autour de ce dossier médical, alors que Lens enchaîne les échéances importantes — Ligue 1 et Ligue des Champions confondues — sans pouvoir souffler. Le vestiaire lensois va forcément en parler, tant l’enjeu sportif reste immense pour un club qui ambitionne de confirmer sa belle saison passée, vice-champion de France et vainqueur de la Coupe de France.
Reste à savoir si Leca cédera véritablement, ou si le club préférera tenir bon jusqu’au bout de sa philosophie de développement interne. Une chose est sûre : le calendrier, lui, n’attendra pas. Entre Ligue 1 et Coupe d’Europe, chaque semaine sans renfort pèse un peu plus lourd sur des organismes déjà à bout de souffle.
Le feuilleton continue, et il pourrait bien connaître son dénouement dans les tout prochains jours.