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Rakuten France, l'ex-PriceMinister, fermera définitivement fin 2026

Publié le 17 juillet 2026 à 13:35 par Christian D.

C'est la fin d'un chapitre pour le e-commerce français. L'un de ses pionniers, connu de tous, s'apprête à disparaître du paysage numérique, laissant un vide symbolique et bien réel.

Rakuten France, l'ancien PriceMinister, a officiellement annoncé sa fermeture définitive d'ici la fin 2026.

Faute d'offres de reprise jugées viables, la direction a acté l'arrêt de sa marketplace. Cette décision, soutenue par le CSE, impactera 180 salariés qui bénéficieront d'un plan social.

La concurrence féroce d'Amazon et des plateformes asiatiques a eu raison du site historique, avec une érosion continue de son activité et l'échec des négociations pour trouver un repreneur capable de redresser la barre

Pourquoi Rakuten France ferme-t-il ses portes ?

La fermeture de Rakuten France est la conséquence directe d'une lente hémorragie commerciale et de son incapacité à trouver un repreneur solide. Depuis une décennie, le site a vu son trafic chuter de 42 % et sa base de clients se réduire d'un tiers.

Pris en étau entre le mastodonte Amazon et la déferlante des plateformes asiatiques comme Temu ou Shein, le modèle de l'ex-PriceMinister n'était plus soutenable. Le groupe japonais, qui avait racheté la plateforme en 2010, a bien tenté d'investir pour la moderniser.

Rakuten-PM

Mais les efforts n'ont pas suffi à inverser la tendance. Face à des concurrents aux moyens quasi illimités et aux stratégies marketing ultra-agressives, Rakuten s'est retrouvé à court de munitions.

La maison-mère a donc préféré couper la branche pour se concentrer sur ses autres activités plus rentables, laissant le navire français couler.

Quelles conséquences pour les salariés, vendeurs et acheteurs ?

L'impact le plus direct concerne les 180 salariés de l'entreprise, qui vont faire l'objet d'un plan social. Celui-ci, validé par le CSE (Comité Social et Économique), doit encore être autorisé par les autorités.

Pour les milliers de vendeurs tiers, c'est une vitrine majeure qui disparaît. Les acheteurs, notamment les membres du programme de fidélité Club R, devront quant à eux utiliser leurs avantages avant la clôture définitive du site.

Rakuten France

Une période de transition est prévue jusqu'à la fin de l'année 2026 pour permettre à chacun de « prendre ses dispositions ». Les vendeurs devront migrer leurs stocks et leur clientèle tandis que les acheteurs devront s'assurer de la gestion de leurs dernières commandes et garanties.

Qui a tenté de sauver l'ex-PriceMinister et pourquoi cela a échoué ?

Deux offres fermes étaient sur la table pour tenter de sauver le soldat Rakuten : l'une de l'e-commerçant Pixmania et l'autre d'un fonds d'investissement étranger. Cependant, aucune n'a convaincu ni la direction, ni le CSE.

Les propositions ont été jugées insuffisantes sur trois critères clés : la préservation des emplois, les conditions financières et surtout, la capacité à assurer la pérennité de l'activité à long terme.

Fait notable, même le fondateur originel de PriceMinister, Pierre Kosciusko-Morizet, s'était positionné avec un projet de relance. Mais cette offre, qui impliquait un soutien financier du groupe japonais, n'a pas non plus été retenue.

La direction a estimé qu'aucune solution ne présentait de garanties suffisantes pour éviter un nouveau naufrage à court terme. Le choix a donc été fait de privilégier un plan social jugé plus protecteur pour les salariés, plutôt qu'une cession à l'aveugle.

Cette fermeture signe-t-elle la fin d'une époque pour le e-commerce français ?

La disparition de Rakuten France reste le symptôme d'une transformation profonde du marché. Pionnier du e-commerce et de la seconde main en France, le site symbolisait une certaine vision du web « à la française ». Sa chute face aux rouleaux compresseurs mondialisés montre que l'ère des marketplaces généralistes locales est peut-être bel et bien révolue.

Le groupe Rakuten ne quitte pas totalement la France, conservant ses autres entités comme Rakuten TV ou Kobo. Mais la perte de sa marketplace est un coup dur.

Cela pose une question de fond sur la souveraineté commerciale numérique. Si même un acteur historique et bien implanté ne peut survivre, quel avenir pour les autres ? Seuls les plus massifs et les plus agressifs semblent pouvoir prospérer.

Journaliste GNT spécialisé en mobilité / Ante-Geek des profondeurs du Web et d'ailleurs

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