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« Reviens enflure » : Quentin Dupieux célèbre à sa manière la mémoire de Kavinsky

Dans les années 2000, le cinéaste avait réalisé deux films dans lesquels apparaît le DJ décédé cette semaine à 51 ans.

Quentin Dupieux, ici lors du Festival de Cannes, le 16 mai 2026.

THIBAUD MORITZ / AFP

Quentin Dupieux, ici lors du Festival de Cannes, le 16 mai 2026.

Propulsé par son tube Nightcall, le DJ français Kavinsky, figure de la French Touch, a été retrouvé mort à son domicile cette semaine quelques jours avant son 51e anniversaire, suscitant une vague d’hommages.

Parmi eux, l’un était particulièrement attendu, celui du réalisateur Quentin Dupieux. Il est finalement intervenu ce jeudi 30 juillet en début de soirée, via un long et touchant message publié sur son compte Instagram, pour « [s]on Vinco ».

Kavinsky - Vincent Belorgey de son vrai nom -, en cinéphile qu’il était aussi, est apparu dans plusieurs films décalés, dont deux réalisés par Quentin Dupieux : Nonfilm (2001) et Steak (2007).

« Ce jeune mec insensé (...) est devenu mon frère à la seconde où je l’ai rencontré, on avait 17 ou 18 ans », commence Quentin Dupieux, avant de raconter une anecdote commune : « dès le premier soir, on a essayé de tourner un court-métrage ensemble, sans même se demander pourquoi, comme guidés par une force supérieure. La cassette VHS des rushes de ce petit film raté restera ce que j’ai filmé de plus drôle de toute ma vie, grâce à TOI, ton génie de l’autodérision, ta folie, ta coupe de cheveux impossible, ton tic nerveux autour de la braguette, ta joie intense, la malice dans tes yeux, ta puissance, ton humour infini. Je cherche cette VHS depuis des années dans mes cartons, comme de l’or, en vain. »

« Tu as fait rire la terre entière par la suite, je le sais bien, mais je garderais à jamais cette fierté stupide de t’avoir filmé plus tôt que les autres », raconte encore le réalisateur de 52 ans, qui a partagé avec son texte plusieurs photos de Kavinsky.

Quentin Dupieux se rappelle encore « les rires, la joie au ventre, la musique qu’on écoutait dans la Civic, les soirées chez toi à Romainville, les premières envies artistiques, les rêves, tout ce bordel si précieux ».

« On s’est perdu de vue comme des vieux cons, mais on a jamais cessé de s’écrire, de s’appeler et de s’aimer de loin, comme des vrais frères. Récemment on s’était même promis de refaire un film ensemble, juste pour le fun, et rajeunir un peu. On est des connards de ne pas l’avoir fait », écrit-il encore dans son hommage.

« J’aurais voulu écrire un truc plus drôle ou plus fort, mais je suis trop sonné, je n’ai rien d’autre », dit encore le cinéaste, avant de conclure : « reviens enflure. »