"Quel lamentable politicien" : entre Sébastien Lecornu et Jean-Luc Mélenchon, le ton monte violemment après les débordements du 17 octobre
La journée de mobilisation du samedi 17 octobre a donné lieu à une passe d'armes particulièrement virulente entre Sébastien Lecornu et Jean-Luc Mélenchon. Alors que des affrontements, des dégradations et des pillages étaient signalés dans plusieurs villes françaises, les deux hommes se sont mutuellement renvoyé la responsabilité des débordements sur le réseau social X.
Le Premier ministre a d'abord dénoncé les critiques visant les forces de l'ordre. "Faire porter aux chefs de la police la responsabilité des violences, c'est une inversion dangereuse et cynique des responsabilités", a-t-il écrit. Sébastien Lecornu a ensuite ajouté : "On ne peut pas appeler à cesser les violences tout en fournissant des excuses à ceux qui les commettent. C'est votre responsabilité politique", accusant LFI d'attiser la colère depuis le début de la mobilisation, à la mi-septembre.
Manifestation du 17 octobre : vives tensions entre Sébastien Lecornu et Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon n'a pas tardé à répliquer. Présent dans le cortège parisien, le leader de La France insoumise a reproché au chef du gouvernement d'avoir laissé la situation se dégrader. "Vous n'êtes pas un homme d'État. Juste un commis qui est en train de provoquer une crise de régime", a-t-il lancé, accusant Sébastien Lecornu d'avoir "joué avec le feu, en comptant sur le pourrissement" de la situation. Dans la soirée, il a poursuivi ses attaques : "À minuit, tout ce que Lecornu trouve à dire c'est 'c'est la faute à LFI'. Quel lamentable politicien. Il est le responsable du chaos qu'il a méthodiquement préparé par incompétence ou par stratégie du pire pour susciter un parti de l'ordre qui fasse oublier son échec dans les finances publiques".
Plus tôt dans la journée, alors que les incidents se multipliaient à Paris, Lyon, Marseille, ou encore Limoges, où la mairie a été incendiée, Sébastien Lecornu avait dénoncé "une violence d'une extrême intensité" contre les forces de l'ordre. Il avait également accusé LFI de vouloir transformer ces débordements en "un tour de chauffe" avant la présidentielle. "Personne n'imposera son agenda politique par la violence", avait-il martelé. Lors d'un déplacement auprès de la 41e compagnie d'intervention, dans le centre de Paris, le Premier ministre a ensuite sommé Jean-Luc Mélenchon de "choisir son camp", entre "le camp de la République et donc des forces de l'ordre (..) soit celui des casseurs".
Les personnalités politiques réagissent aux débordements du 17 octobre
Face aux accusations, le responsable insoumis a appelé au calme et pris ses distances avec les pillages. "Ceux qui partagent notre combat n'ont rien à faire dans le pillage, le saccage", a-t-il assuré. Le candidat à la présidentielle 2027 a également déclaré : "Quelles que soient les responsabilités du pouvoir et de ses incompétents et leurs violences, nous devons refuser de participer à des actions sans signification politique et contraire à nos méthodes".
La polémique a rapidement dépassé le face-à-face entre le Premier ministre et Jean-Luc Mélenchon. Jordan Bardella a fustigé "les professionnels du chaos", tandis qu'Éric Ciotti a dénoncé "le fascisme rouge" dans la rue. À gauche, plusieurs responsables ont aussi critiqué la réponse des autorités. Marine Tondelier, présente dans le cortège parisien, a demandé au gouvernement de "revoir" sa stratégie de maintien de l'ordre, estimant qu'elle mettait en danger manifestants et policiers. Olivier Faure a également appelé à un changement de méthode : "La doctrine de maintien de l'ordre doit être profondément modifiée! C'est la désescalade qui doit être recherchée, pas la confrontation", a commenté le patron du PS, Olivier Faure.
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