Que vaut "Spider-Man – Brand new day" : pour te faire une bonne toile ? Va donc, va donc chez Spidey !
“Spider-Man – Brand new day” est de loin le plus chouette des quatre films Marvel avec Tom Holland dans le rôle de l’Araignée, mais pas le meilleur “Spider-man”.
Tout le monde a oublié Peter Parker mais personne, Spider-Man, le plus sympa des super-héros. Surtout pas le studio Marvel qui peine à reprendre son souffle commercial et (surtout) artistique depuis cinq ans. Depuis, en fait, la précédente aventure de l’homme-araignée, Spider-Man : No way home, réalisée par Jon Watts, qui avait généré 1,9 milliard de dollars de recettes mondiales et, on peut se le dire dire aujourd’hui, à peine moins de micro-siestes face à sa succession de scènes d’action dévitalisées, et de méga-renvois devant son buffet à volonté de fan-service mal cuisiné. C’est oublié, on vous dit. Mais c’était l’idée : à la fin de No way home, pour protéger ses proches, à commencer par son amoureuse MJ (Zendaya) et son meilleur ami Ned (Jaob Batallon) après la mort de sa tante May, Spider-Man (Tom Holland) avait demandé à Dr Strange un sort d’oubli pour effacer le souvenir de sa véritable identité.
Brand new day débute quatre ans plus tard : quand il ne végète pas dans son appart miteux et stalke ses anciens amis partis faire leurs études (et s’épanouir sans lui), Peter Parker, désormais New-yorkais pauvre et anonyme, consacre son temps et son énergie à combattre le crime. Et il a fort à faire : les super-vilains voulant tous – c’est notoire – en croquer, de Big Apple ! Jusqu’au jour où il doit affronter deux périls plus sérieux : d’une part, une entité télépathe mal intentionnée qui prend possession des esprits à distance ; et d’autre part, un bouleversement dans son métabolisme. Non seulement il doit lutter contre la dépression qui le guette, mais aussi désormais contre une mutation génétique qui perturbe l’équilibre entre l’humain et l’araignée en lui…
Plus de fond, et meilleure forme
Ainsi, Brand new day se présente-t-il comme le récit de la fin de l’innocence et de l’entrée dans la maturité pour Spider-Man (avec supplément santé mentale) ; un passage rendu plus encore délicat par la solitude imposée par sa nature extraordinaire et par les responsabilités qu’impliquent ses super-pouvoirs. Rien de très nouveau mais plus de fond donc, et aussi meilleure forme !
Le besogneux Jon Watts a en effet cédé sa place derrière la caméra à Destin Daniel Cretton qui avait déjà signé pour Marvel, Shang-Chi, film mineur mais épatant spectacle sous influences hongkongaises, et la différence se sent. En particulier dans la façon dont Spider-Man est enfin capté et compris : dans ses déplacements et ses combats, désormais, l’homme-araignée bondit, plonge, grimpe, à l’endroit, à l’envers, au sol, en l’air… Il se grise de vertige et de vivacité, et nous avec, la caméra faisant montre pour le suivre d’une clarté dans le mouvement que l’on n’avait plus vues depuis la trilogie (adorée) de Sam Raimi. Brillante dans l’action, la réalisation se débrouille aussi dans les séquences plus calmes, intimes, qui parviennent – chose rare chez Marvel – à susciter l’émotion.
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Mais il faut composer avec le "cahier des charges" de Marvel qui, depuis que Spider-Man à son univers étendu, se refuse à lui laisser l’entière vedette d’un film. Une fois encore, il doit se fader des super-chaperons : si la complicité chaotique avec le Punisher (Jon Bernthal) fonctionne à fond et sert le récit et la comédie, l’intervention de Bruce Banner (Mark Ruffalo) s’avère un peu plus forcée (même si elle "muscle" l’action) et celle Yelena Belova (Florence Pugh), plutôt désagréable de surplomb. Passons sur les clins d’œil au grand récit marvélien qui ont toujours la legèreté d’un placement de produit. Enfin, pressé de préparer la suite, Brand new day se prend un peu les pieds dans la toile narrative dans son 3e acte tissé de fil blanc. Mais comme on a noué de nouveaux liens, plus solides, avec son Spider-Man, on tient. Et on l’admire retomber sur ses pattes dans une ultime cabriole !