taraskuzio.com

"Quand on essaie de parler de nos droits, ça nous gaze" : des lycéens mobilisés dénoncent des violences policières

Les manifestations et blocages des lycées ont entraîné lundi 164 interpellations, à la veille d'un appel à une journée de mobilisation nationale et sur fond de tensions entre le gouvernement et LFI qui s'accusent mutuellement du climat de tension dans les établissements scolaires.

Par Laurent Kramer,Xavier Demagny Publié le lundi 28 septembre 2026 à 20:00

"Chaque fois qu'on essaye de s'exprimer on se fait gazer, ils n'essayent pas de nous comprendre. Quand on essaie de parler de nos droits, ça nous gaze, ça nous frappe", affirment plusieurs élèves du Lycée Paul Éluard à Saint-Denis (Seine Saint-Denis) qui dénoncent les méthodes policières employées comme les plaquages au sol, ou des tirs de grenades de désencerclement pour disperser ceux qui bloquent l'accès aux cours.

Alors que le commissariat n'est qu'à 15 mètres de l'établissement, des actions plus graves ont été dénoncées, quatre élèves ont été interpellés lors des blocages, ils auraient été frappés, molestés par des policiers. "Nous aussi on a nos torts, on allume des mortiers mais personne n'a été blessé avec nos mortiers", affirme Alexandre en terminale qui assure qu'un de ses amis a été frappé en garde à vue par certains policiers de la BAC, "même quand ils l'ont interpellé ils l'ont frappé, dans la voiture ils l'ont frappé, il revendique ses droits c'est tout". Une plainte a été déposée devant le procureur de la République par un collectif d'avocats et d'élus de la France Insoumise.

Affrontement politique

Le mouvement a pris une dimension politique avec des invectives à distance entre Jean-Luc Mélenchon et le Premier ministre. Le candidat de la France Insoumise à la présidentielle accuse le gouvernement d'avoir ordonné la répression avec "un arrière-gouts raciste évident". Colère de Sébastien LecornuOuverture dans un nouvel onglet qui lui reproche de racialiser un débat sur la sécurité des élèves et il prend l'exemple d'une lycéenne blessée à l'acide chlorhydrique par des agresseurs violents.

Le ministre de l'intérieur évoque, lui, 164 interpellations à travers toute la France. Le mouvement s'étend, 60 établissements vendredi contre 180 ce lundi à Lille, Lyon, Grenoble ou Nice, dans les Académies de Créteil et Versailles. Des manifestations qui ressemblent de plus en plus à des "violences urbaines" selon Laurent Nunez, qui évoque des actions qui ne sont pas "revendicatives, avec un certain nombre d'individus qui étaient cagoulés, équipés de mortiers, équipés de projectiles".

À écouter

France Inter

4 min

Douze policiers et autant de lycéens ont été blessés lundi 28 septembre, 8 personnels de l'éducation aussi, le ministre de l'Intérieur confirme l'ouverture d'une enquête après un tir policier sur un lycéen dans le Val-d'OiseOuverture dans un nouvel onglet : "vous avez un jeune homme qui met plusieurs coups effectivement à des forces de police et il y a l'usage d'une arme intermédiaire, j'ai vu comme vous la vidéo, l'IGPN est saisi, mais tout le monde a vu ce jeune homme qui venait au contact et qui donnait des coups répétés sur des forces de sécurité intérieures".

Laurent Nunez fustige la politisation du mouvement avec "la participation d'un certain nombre de députés ou d'élus de la France insoumise à ces mouvements totalement irresponsables". Selon lui, "les jeunes ont besoin qu'on leur montre un chemin qui est celui de l'éducation, un chemin du respect des forces de sécurité intérieure et surtout de la non-violence". Il rappelle qu'à chaque blocage total, chaque incident, il y aura une intervention de police, le dispositif de sécurité de ce lundi doit être reconduit mardi avec des forces de l'ordre positionnées autour des points sensibles.