Qantas annonce un vol Sydney-New York sans escale pour “vaincre la tyrannie de la distance”
“Vaincre la tyrannie de la distance fait partie de l’identité de Qantas depuis ses débuts.” C’est avec ces mots que Vanessa Hudson, PDG de la compagnie aérienne australienne, a annoncé, mardi 22 septembre à New York, le lancement en 2028 d’un vol sans escale entre Sydney et la mégapole américaine, rapporte The Sydney Morning Herald. Ce sera une première : aujourd’hui les avions font escale à Auckland ou à Los Angeles.
Sydney et New York, distantes de 16 000 kilomètres, pourront ainsi être reliées en dix-huit heures environ. Le premier vol de Qantas à destination de New York remonte à 1958, rappelle The Australian. Il s’inscrivait alors dans le cadre d’un vol inaugural autour du monde.
“Depuis Sydney, il a rallié la plus grosse ville des États-Unis en faisant des arrêts aux Fidji, à Honolulu et à San Francisco.”
Avec son projet Sunrise, Qantas mise depuis plusieurs années sur les vols long-courriers, voire ultra-long-courriers, explique le Sydney Morning Herald. La compagnie propose déjà un Perth-Londres (dix-sept heures de vol) et lancera en octobre 2027 un Sydney-Londres, trajet qui durera environ vingt-deux heures. Et, ajoute The Guardian Australia, elle “prévoit à l’avenir de dévoiler davantage de vols de plus de vingt heures sans escale depuis Perth, même si elle a abandonné l’idée de telles liaisons depuis Brisbane ou Melbourne”.
Un Airbus A350 spécialement développé pour Qantas
De tels vols sont rendus possibles par une nouvelle génération d’appareils Airbus. Ou plus précisément des Airbus A350-1000ULR, “développés spécialement pour Qantas”, précise The New York Times. Ces appareils sont dotés d’un réservoir supplémentaire de 20 000 litres et peuvent ainsi voler pendant vingt-deux heures, selon Qantas.
En juillet, un de ces Airbus a effectué un vol d’essai sans escale de vingt-quatre heures entre Melbourne et Toulouse, “établissant ainsi un record mondial de la plus longue distance parcourue par un avion de ligne commercial”, souligne le New York Times.
“En 2019, précise le quotidien américain, Qantas avait effectué son premier vol sans escale entre New York et Sydney, un trajet de dix-neuf heures à bord d’un Boeing 787-9 Dreamliner transportant 49 passagers et membres d’équipage, afin d’étudier les effets des vols ultra-long-courriers sur l’organisme.”
Mais Qantas a préféré Airbus et lui a commandé 12 appareils. Le premier est censé lui être livré en avril 2027, précise le Guardian Australia. Le vol Sydney-New York coïncidera en outre avec le retrait progressif de la flotte des A380, relève The Australian : “Les dix superjumbos devraient tous être retirés de la circulation d’ici au début de la prochaine décennie.”
25 000 euros en première classe
Loin de la capacité des A380, les Airbus A350-1000ULR seront aménagés avec 238 sièges répartis dans quatre catégories : 140 en économie, 40 en premium économie, 52 en business et 6 en première. “Le choix de New York comme deuxième destination après Londres pour les vols ultra-long-courriers est un pari de la compagnie aérienne, qui mise sur le fait que les Américains de la côte Est, réfractaires au décalage horaire, seront prêts à payer pour se rendre directement à Sydney, en contournant Los Angeles et d’autres grands hubs”, commente le Sydney Morning Herald.
De fait, les billets devraient être 20 % plus chers que sur les vols avec escale. Les premiers billets pour le Sydney-New York ne seront mis en vente qu’en août 2027. Mais déjà, note le Sydney Morning Herald, on connaît les prix pour le Sydney-Londres : un aller-retour dans une suite de première classe s’élèvera à 41 000 dollars australiens (plus de 25 000 euros) quand un siège en classe économique coûtera dix fois moins cher.
Le modèle économique est-il viable, surtout à un moment où le prix du kérosène flambe ? C’est la question que le Financial Times a posée à Vanessa Hudson. La PDG de Qantas estime que la nouvelle flotte d’Airbus permettra d’augmenter les bénéfices de la compagnie aérienne australienne de 400 millions de dollars australiens (près de 250 millions d’euros) :
“Nous avons réanalysé ce modèle économique, et je pense que l’une des raisons pour lesquelles nous restons confiants est que la demande pour les vols sans escale demeure incroyablement forte.”
Preuve en est, selon elle, la liaison Perth-Londres, exploitée depuis huit ans : “Même avec des prix du carburant aussi élevés, [cette] route reste la plus performante de notre réseau.”