PSPP fait campagne pour ceux «qui ont le droit de vote»
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, fait « campagne pour les citoyens du Québec », a-t-il répondu samedi à ceux qui lui reprochent de s’en prendre aux immigrants.
« La démocratie est basée sur la citoyenneté. Lorsque je mène une campagne, je mène une campagne pour tous ceux qui sont citoyens », a-t-il affirmé en mêlée de presse à Québec.
L’aspirant premier ministre répondait ainsi indirectement à un passant qui l’avait apostrophé en matinée dans un marché public de Québec : « Monsieur Plamondon, est-ce qu’on a assez d’enfants dans nos écoles ou on en a trop ? » a-t-il demandé, faisant allusion aux propos du chef péquiste sur l’impact de l’immigration sur les services publics, ainsi qu’à ses propositions pour favoriser la natalité.
Une question qui ressemble drôlement à celle que lui avait posée la porte-parole solidaire Ruba Ghazal au débat des chefs de Radio-Canada, mercredi.
« Il y a une surpopulation dans les écoles, selon ce que nous a dit M. St-Pierre Plamondon, parce qu’il y a trop d’enfants d’immigrants, mais là [il fait] un bébé bonus », a-t-elle dit. « Est-ce qu’il y a trop d’enfants ou pas assez d’enfants ? »
Répondre à ceux « qui ont le droit de vote »
En début de campagne électorale, Paul St-Pierre Plamondon a associé les politiques migratoires de la Coalition avenir Québec au débordement d’une école secondaire de Québec. Puis, la semaine dernière, il s’est engagé à « freiner le déclin de la natalité » en bonifiant l’allocation familiale pour un troisième et un quatrième enfant.
Dans Sainte-Foy samedi, le chef péquiste a maintenu que tout cela était « cohérent ». « Avoir des politiques qui rétablissent l’équilibre dans les écoles, dans les services, dans la crise du logement, c’est répondre à nos citoyens qui ont le droit de vote et qui disent : “je n’arrive plus [à avoir d’enfants]” », a-t-il indiqué aux journalistes.
Relancé sur l’usage des termes « citoyens qui ont le droit de vote », il a soutenu que c’était pour eux qu’il faisait de la politique.
« Ces citoyens du Québec voudraient 1,9 enfant, puis ils en ont 1,3. Puis quand on leur pose la question, ce qui ressort le plus, c’est que les services sont manquants parce que les services débordent », a-t-il dit.
Plus tôt dans la journée, Ruba Ghazal avait reproché à PSPP d’avoir « tourné le dos » à la « tradition » défendue par l’ex-ministre péquiste Gérald Godin. « Il [M. Godin] a voulu faire le pays du Québec avec les immigrants, en leur ouvrant les bras. Et clairement, M. St-Pierre Plamondon est dans une autre vision », a-t-elle tonné.
Interrogé à ce sujet, le candidat péquiste au poste de premier ministre a balayé ces attaques du revers de la main. « Je ne sais pas à quelle tradition elle fait référence », a-t-il rétorqué. « Il y a des partis qui transforment toute discussion sur les niveaux d’immigration en une discussion toxique ou il y a des gens intolérants, racistes. »
Le PQ est le parti qui propose les seuils d’immigration permanente les plus bas dans cette campagne électorale, à 35 000 nouveaux arrivants par année. La formation politique souhaite par ailleurs réduire l’immigration temporaire « dans une fourchette de 200 000 à 250 000 ».