PSPP accuse Amnistie internationale de mener «une campagne de peur»
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, accuse Amnistie internationale de mener « une campagne de peur » à quelques jours du scrutin. Mercredi, l’organisme avait reproché aux membres du parti de recourir à des pratiques de harcèlement et d’intimidation contre des voix d’opposants politiques.
« Il faut s’attendre à ça là, plus on s’approche du scrutin, plus les campagnes de peur vont s’intensifier », a-t-il déclaré jeudi lors d’une mêlée de presse.
Pour lui, ce n’est qu’une tactique pour tenter d’influencer l’électorat à quelques jours du vote, sa formation politique étant en tête des sondages. « J’ai des chiffres internes, ils ont probablement les mêmes chiffres internes. Il y a des adversaires qui vont utiliser les réseaux qu’ils ont pour tenter d’influencer le scrutin. Mais je ne pense pas que ça change quoi que ce soit dans la clairvoyance de la population par rapport à la qualité des offres politiques devant eux. »
Le Devoir rapportait mercredi qu’Amnistie internationale Canada francophone a accusé le Parti québécois (PQ) de porter atteinte à la liberté d’expression en déposant des plaintes contre des opposants pour tenter de les faire taire, un comportement qu’elle estimait annonciateur d’une « dérive autoritaire ». Dans son avis juridique, le secrétariat international de l’ONG appuyait notamment ses conclusions sur quatre plaintes déposées au Collège des médecins du Québec contre la psychiatre Marie-Ève Cotton par des membres influents du PQ, dont sa directrice générale ainsi que deux candidats actuels, de même que l’ancien chef du PQ Jean-François Lisée, à présent auteur et chroniqueur, notamment dans Le Devoir. Ces plaintes visaient des publications sur Facebook où la médecin critiquait le parti, ses membres et leurs idées. D’autres citoyens actifs sur les réseaux auraient confié à Amnistie internationale subir de l’intimidation et être la cible de plaintes.
Refusant de commenter l’avis juridique qui a fait grand bruit mercredi, M. St-Pierre Plamondon a néanmoins soutenu que ce n’était pas la première fois qu’Amnistie internationale Canada francophone faisait « de la politique ». Le chef péquiste a notamment dénoncé le fait qu’Amnistie internationale soit intervenu pour critiquer le projet de constitution québécoise du gouvernement Legault. « Ils sont intervenus sur la loi 21 avec des propos qui me semblent assez douteux », a-t-il aussi affirmé. Il met en question le « timing » de cette nouvelle sortie publique de l’ONG, puisque les plaintes n’ont pas été déposées récemment mais datent de plusieurs mois. « Donc je laisse les gens faire la part des choses. »
Il y a une semaine, la Dre Cotton avait dit craindre pour son emploi, dans un éventuel gouvernement dirigé par le PQ. « Recevoir une plainte d’une directrice générale d’un parti politique, ça me fait peur », avait-elle confié au Devoir. « Si [le PQ] prend le pouvoir, est-ce qu’il va s’essayer de me faire perdre ma job ? »
Les quatre plaintes à l’endroit de Marie-Ève Cotton ont toutes été rejetées, le Collège des médecins n’ayant identifié aucun manquement d’ordre déontologique. Le syndic recommandait toutefois à la Dre Cotton de réfléchir « à la nécessité de faire preuve de modération et de garder une distance saine vis-à-vis de ces canaux de communication ».