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Procès du chauffeur qui a fauché quatre piétons en 2024 à Steenbecque : un "monde" s'est "écroulé" pour les victimes - ICI

Publié le jeudi 1 octobre 2026 à 6h05 Mis à jour le jeudi 1 octobre 2026 à 8h08

Au tribunal judiciaire de Dunkerque se tient ce jeudi 1er octobre le procès pour homicides involontaires de l'homme qui a fauché en 2024 quatre personnes âgées de 69 à 77 ans à Steenbecque (Nord). Le prévenu encourt jusqu'à cinq ans de prison.

Le 12 février 2024, juste avant 9 h du matin, un quinquagénaire, cadre de chez Carrefour, roule en Porsche sur la départementale 943B pour se rendre au travail. C'est alors qu'il perd le contrôle de son véhicule, rue d'Aire, à Steenbecque, dérive sur le trottoir et tue quatre retraités qui faisaient leur balade quotidienne. Ce sont des habitants du coin que tout le monde connaissait bien, âgés de 69 à 77 ans.

Plus de 1.000 kilomètres parcourus avant le drame

L'expertise n'a relevé aucune défaillance technique. Le conducteur n'était pas alcoolisé, ni sous l'emprise de stupéfiants. L'homme, aujourd'hui âgé de 54 ans, est sous contrôle judiciaire depuis les faits. Il plaide pour un "endormissement soudain et imprévisible". Sauf que quelques heures avant le drame, le quinquagénaire avait réalisé un très long périple avec cette même voiture de plus de 1.000 kilomètres pendant la nuit. L'enquête a révélé "des signes de fatigue qui préexistaient" et que l'homme n'a pas voulu écouter.

Pour les familles, tout a changé

Parmi les quatre victimes, Françoise Degraeve, une habitante de Steenbecque depuis plus de cinquante ans. Au procès ce jeudi, beaucoup de ses proches et sa famille sont attendus. "Depuis 2008, elle était à la retraite et c'était un super moment pour elle parce que c'est une famille d'agriculteurs. Avant, ils n'avaient pas beaucoup le temps et là, elle avait du temps pour s'occuper de ses petits enfants avec ses amis, du temps pour nous. Et elle était très très heureuse, elle instaurait une harmonie, tout un équilibre qui fait que tout se passait bien", se remémore Catherine, une des filles de Françoise Degraeve.

Depuis le drame, tout a changé : "On a compris que tout pouvait basculer d'un moment à l'autre", raconte celle qui a désormais peur quand elle voit apparaître le numéro d'un proche sur ton téléphone, peur qu'il leur soit arrivé quelque chose. Catherine évoque aussi "des séquelles physiques, des pertes de poids, des troubles du sommeil, des éruptions cutanées, des angoisses" au sein de sa famille.

Mais ce drame a aussi encore un peu plus resserré les liens de cette famille que sa mère tissait habituellement. Les enfants ont pris soin de leur père, lui qui a vu le corps de sa femme sur le trottoir : "On a dû soutenir papa, pour lui c'est le monde qui s'écroule. Et c'est vrai que c'est difficile de voir son père triste". Celui qu'elle appelle "son roc" a besoin de s'occuper tout le temps "parce que, dès qu'il se retrouve à la maison, c'est compliqué, le manque de maman est encore plus présent".

Injustice et colère

Une absence qu'ils ne pourront jamais combler, mais qu'ils espèrent rendre moins douloureuse à l'issue de ce procès car, pour l'instant, les sentiments d'injustice et de colère persistent vis à vis du prévenu : "Il ne prend pas la mesure de ce qu'il a fait, il se victimise". Le père de Catherine a écrit à celui qui a causé la mort de son épouse, "il lui a répondu qu'il se rendait paisiblement à son travail et que nos destins étaient à jamais liés". De la part de la direction de Carrefour, où travaille le quinquagénaire en tant que cadre, ils ont fini, après plusieurs courriers, par obtenir "une vulgaire lettre de condoléances".

Une indemnisation du préjudice affectif est versée également par l'entreprise car l'employé se rendait au travail au moment des faits. "On a demandé à ce que le dossier reste ouvert au cas où l'un de nous aurait besoin d'être aidé plus tard, c'est une bataille. Pour Carrefour deux ans après les faits ce n'est peut-être plus en lien si on est marqué et si c'est difficile". Un combat qui "rajoute de la douleur à la douleur", souffle-t-elle.

L'avocat du prévenu n'a pas répondu à nos sollicitations. Côté parties civiles, Catherine dit espérer "qu'il soit puni, qu'il aille en prison et qu'il prenne la mesure de ce qu'il a fait". L'homme risque jusqu’à cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende.

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