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Prix Bayeux 2026 : Mahmoud Abu Hamda remporte le Prix Nikon, la génération Z sur le podium

Le 33e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre a dévoilé son palmarès ce samedi 10 octobre 2026. En photo, le Palestinien Mahmoud Abu Hamda remporte le Prix Nikon et le Prix du public pour un reportage réalisé à Gaza. C’est la troisième victoire consécutive d’un photographe gazaoui. Deux reportages sur la génération Z, à Madagascar et au Népal, complètent le podium.

Sommaire

  • Prix Nikon : Mahmoud Abu Hamda, l’enfant et ses oiseaux
  • Gaza, troisième année en tête du Prix Nikon
  • Madagascar et Népal : la génération Z sur le podium
  • Jeune reporter : Jehad Alshrafi
  • Gaza et la Cisjordanie au cœur du palmarès
  • Iran, Liban, Soudan : les guerres racontées par les expositions

Prix Nikon : Mahmoud Abu Hamda, l’enfant et ses oiseaux

Le jury international, présidé par Lyse Doucet (BBC), a attribué le 1er Prix Nikon à Mahmoud Abu Hamda, photographe indépendant basé à Gaza, pour Ce que la guerre laisse derrière elle. L’image retenue montre un enfant de Beit Hanoun, réfugié avec sa famille dans une université reconvertie en abri. Il a emporté ses oiseaux dans sa fuite.

un enfant déplacé de Beit Hanoun avec ses oiseaux dans une salle d’université transformée en abri, à Gaza
Un enfant déplacé de Beit Hanoun et ses oiseaux, dans une université de Gaza transformée en abri. © Mahmoud Abu Hamda, 1er Prix Nikon et Prix du public du 33e Prix Bayeux

Photographe professionnel depuis 2011 et ancien enseignant en photographie à Gaza, il photographiait avant la guerre les paysages et la cuisine de l’enclave. Il a reçu un Lucie Award (Impact Award) en 2023. Le public de Bayeux a confirmé le choix du jury en lui décernant aussi le Prix du public.

Gaza, troisième année en tête du Prix Nikon

Après Mahmud Hams (AFP) en 2024 et Saher Alghorra (Zuma Press) en 2025, le Prix Nikon récompense pour la troisième fois d’affilée un photographe palestinien de Gaza. Cette continuité tient aussi à l’accès au terrain. Au printemps 2026, les journalistes étrangers n’avaient toujours pas d’accès indépendant à l’enclave. Jeudi, la stèle dévoilée par RSF au Mémorial des reporters portait 56 noms de journalistes tués dans l’année, dont 27 Palestiniens ou Libanais.

Madagascar et Népal : la génération Z sur le podium

Le 2e Prix revient à Luis Tato (AFP) pour les manifestations de la génération Z à Madagascar, qui ont conduit au départ du président Andry Rajoelina. Ce travail lui avait déjà valu le Visa d’or News en septembre.

Le 3e Prix va à Niranjan Shrestha (AP) pour le soulèvement de la jeunesse népalaise de septembre 2025, déclenché par l’interdiction de 26 réseaux sociaux. Il a fait 76 morts en deux jours et conduit à la démission du Premier ministre KP Sharma Oli. Ces deux sujets font écho à l’exposition Soulèvements de la Fondation WARM, présentée cette semaine à Bayeux.

Jeune reporter : Jehad Alshrafi

Gaza revient avec le Prix Jeune reporter, attribué à Jehad Alshrafi (AP) pour Endless War and Devastation in Gaza. Le photographe était déjà 3e du Prix Nikon en 2025. Cet été, une de ses images avait été retirée du Deauville Sport Images Festival, avant que la justice n’en ordonne la réinstallation.

fumée et flammes s’élevant d’un immeuble touché par une frappe israélienne dans le quartier de Zeitoun, à Gaza
Une frappe militaire israélienne touche un immeuble du quartier de Zeitoun, à Gaza, le 6 février 2026. © Jehad Alshrafi / AP, 1er Prix Jeune reporter du 33e Prix Bayeux

Gaza et la Cisjordanie au cœur du palmarès

Au-delà de la photo, sept des dix premiers prix concernent Gaza ou la Cisjordanie. En radio, Anas Baba (NPR) l’emporte. En télévision grand format, c’est BFM TV, dont l’équipe compte un journaliste palestinien resté anonyme. En télévision, CNN est récompensée pour une enquête sur des soldats israéliens au service des colons en Cisjordanie, également primée en Image vidéo.

L’Ukraine n’obtient qu’un premier prix, en presse écrite : le Washington Post y raconte l’histoire d’un soldat resté 177 jours piégé en zone de combat. Le Prix Ouest-France Jean Marin va à Juan Martinez d’Aubuisson (Society) pour La chute de Port-au-Prince. Les lycéens normands ont choisi Crise en Afghanistan (BBC News). Ce palmarès resserré contraste avec la programmation de la semaine.

Iran, Liban, Soudan : les guerres racontées par les expositions

L’Iran, absent du palmarès, occupe l’Hôtel du Doyen avec Istâdegi, Iran : tenir debout. L’exposition revient sur une année marquée par deux guerres et une répression de masse. Elle réunit les images de Yalda Moaiery, privée depuis de son passeport, de Maryam Rahmanian, d’Ahmad Halabisaz et de Kaveh Kazemi.

Voir aussi

Le Liban est raconté par les photographes de Reuters, qui ont suivi l’exode des habitants après les frappes israéliennes du 28 février 2026. Avec Médecins sans frontières, Ce qu’il reste des vivants documente les atrocités de masse au Darfour, dans une guerre qui a déplacé environ 12 millions de personnes. Ces deux conflits n’apparaissent au palmarès qu’à la 3e place, en radio pour le Liban et en presse écrite pour le Soudan.

Elise Blanchard montre l’Afghanistan depuis le retour des Talibans, tandis qu’Adrien Vautier et Maurine Mercier racontent l’Ukraine. La semaine a aussi rendu hommage à Anna Politkovskaïa, assassinée il y a vingt ans, et à Antoni Lallican, photojournaliste français tué par un drone russe en Ukraine en octobre 2025.

La plupart des expositions restent visibles jusqu’au 8 novembre, en entrée libre. Deux ferment plus tôt : celle consacrée à Ali Jadallah, que les organisateurs ont intitulée Gaza : chronique d’un génocide, le 11 octobre, et celle sur le Darfour le 25 octobre.

Programme complet sur le site du Prix Bayeux.