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Argovie : prison à vie requise contre un ex-député UDC

Le Ministère public argovien a requis la prison à vie contre un ancien député UDC au Grand Conseil. Il est accusé d'avoir drogué et abusé sexuellement de plusieurs femmes ainsi que d'une mineure. Âgé de 57 ans, il est en détention depuis 2023.

La liste des chefs d'accusation est longue, selon le communiqué de presse publié lundi: multiples tentatives d'assassinat, multiples viols aggravés, multiples agressions sexuelles aggravées, attentat à la pudeur, multiples actes sexuels avec des enfants pour n'en citer que quelques-uns.

Interrogé par Keystone-ATS, le Ministère public a confirmé que le prévenu était un ancien député de l'UDC au Grand Conseil, confirmant ainsi une enquête récente du Tages-Anzeiger.

Le Ministère public demande également un traitement ambulatoire parallèlement à l'exécution de la peine. L'affaire est pendante devant le tribunal de district de Baden.

Nombreuses preuves saisies

L'Argovien est accusé d'avoir administré secrètement des gouttes KO aux victimes pendant une longue période, afin qu'elles ne soient plus en mesure de se défendre, précise le communiqué de presse. Il aurait profité de cette situation pour commettre des actes sexuels sur les victimes, qui n'en auraient pas eu conscience.

Selon l'évaluation du Ministère public, les victimes se sont retrouvées à plusieurs reprises dans un état mettant leur vie en danger en raison de ces gouttes. Elles auraient pu mourir par asphyxie. D'où l'inculpation pour tentatives d'assassinat.

Il a en outre filmé les faits. L'analyse de ces enregistrements constitue un élément central de l'accusation, écrit le Ministère public. Celui-ci a saisi des éléments de preuve, dont de nombreuses photos et vidéos. L'enquête a donc été élargie à plusieurs reprises et la détention préventive prolongée.

L'UDC a rendu l'enquête publique

L'enquête a été déclenchée par un incident survenu une nuit de septembre 2023: la mère de la mineure a surpris l'accusé en flagrant délit et a alerté la police. Celle-ci l'a arrêté peu après à son domicile.

L'UDC a alors annoncé que le député démissionnait du Grand Conseil, car il faisait l’objet d'une enquête pénale. À l'époque, les chefs d’accusation n’étaient pas encore connus.

L'accusé siégeait au Grand Conseil depuis août 2021 et était également membre de la commission de la justice. Il disait exercer la profession d'informaticien de gestion. La présomption d'innocence s'applique jusqu'à ce qu'un jugement définitif soit rendu.

ats/lan