Primaire de la gauche : Raphaël Glucksmann large vainqueur dès le premier tour avec 66 %, veut incarner la rupture "avec le macronisme et l'hégémonie de Mélenchon sur la gauche"
l'essentiel Raphaël Glucksmann a été désigné candidat des socialistes pour la présidentielle, s'imposant dès le premier tour de la primaire de la gauche avec 66 % des voix. Ce résultat marque une rupture historique pour le PS, qui n'aura pas de candidat issu de ses rangs. Glucksmann appelle à l'unité face à l'extrême droite.
Les socialistes ont désigné leur candidat pour la présidentielle. Contre toute attente, Raphaël Glucksmann s’est nettement imposé dimanche soir, dès le premier tour de la primaire de la gauche.
En recueillant 66 % des suffrages (79 613 voix), le leader de Place publique a plié le match, reléguant ses quatre concurrents loin derrière. La défaite est cuisante pour Olivier Faure, le patron des socialistes, qui n’obtient que 14 % (17 398 voix). Les trois autres challengers n’ont pas davantage pesé sur ce scrutin : Ségolène Royal (7,6 %), Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj (6 % chacun) n’ont pas convaincu les militants qui ont choisi le vote utile dès le premier tour. « C’est un plébiscite », a résumé le politologue Alain Duhamel sur le plateau de BFMTV.
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Cette primaire, qui a failli tourner au fiasco après une cyberattaque lors de l’ouverture du vote électronique vendredi, a finalement atteint le seuil des 120 000 votants. Pour la première fois de son histoire, le PS n’aura pas de candidat issu de ses rangs pour le représenter à la présidentielle.
Royal veut un "rassemblement de la gauche"
Les réactions des concurrents de Raphaël Glucksmann n’ont pas tardé. Pour Jérôme Guedj, le premier à s’exprimer, la ligne « anti-LFI » s’est imposée. « Je suis heureux de la clarté du message. En additionnant mes voix avec celles de Raphaël Glucksmann, ce sont 73 % des sympathisants qui refusent toute alliance avec La France insoumise », affirme le député de l’Essonne. « On est partis sur de bons rails », a enchaîné Emmanuel Maurel.
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Peu après, Ségolène Royal a fait part de sa « déception » sur son résultat mais a assuré de son soutien le candidat désigné : « Je suis pour l’ordre juste et le respect des règles, donc je soutiendrai le vainqueur de cette primaire ». Mais l’ancienne ministre, qui s'est vivement opposée à Raphaël Glucksmann lors de la campagne, pose ses limites : « Je soutiendrai à condition qu’il y ait un rassemblement à gauche. J’aiderai à ce rassemblement des socialistes avec les écologistes et les communistes. Mais il faudra aussi aller chercher l’électorat de gauche abstentionniste ».
Arrivé un peu plus tard dans la salle du XXe arrondissement de Paris où ont été proclamés les résultats, Olivier Faure a, à son tour, pris la parole. Dans une courte allocution, le député de Seine-et-Marne a félicité le vainqueur « désormais candidat » des socialistes : « Une majorité très claire s’est dégagée dès le premier tour. » Le premier secrétaire a lui aussi appelé au rassemblement : « Nous ne gagnerons cette élection qu’avec une gauche unie ».
Photo de famille
Applaudi par les militants présents dans la salle, Raphaël Glucksmann s’est félicité à la tribune d’un « résultat sans appel ». L’eurodéputé de 46 ans entend être « le candidat de la rupture avec le macronisme, et de la rupture avec l’hégémonisme de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche ». Pour lui, « le véritable adversaire, c’est l’extrême droite », appelant les électeurs à se mobiliser pour éviter la victoire de Marine Le Pen en mai prochain.
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La soirée s’est poursuivie par une image attendue de tous : la montée des cinq candidats sur scène pour une indispensable photo de famille. Si certains visages semblaient crispés, les cinq socialistes ont tenté d’afficher un bref instant leur unité. « La bataille commence maintenant », clame Raphaël Glucksmann.
Les prochains sondages montreront si cette primaire donne un élan au candidat social-démocrate pour le moment distancé à gauche par Jean-Luc Mélenchon.