taraskuzio.com

Alliance avec LFI, Ukraine, Israël… Les candidats rendent coup pour coup

20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Publié le 24/09/2026 à 01h31 • Mis à jour le 24/09/2026 à 01h31

L'essentiel

  • Les cinq candidats à la primaire de l’espace social-démocrate se sont retrouvés mercredi sur LCI pour un premier débat télévisé marqué par plusieurs désaccords de fond.
  • Les échanges ont notamment porté sur la guerre en Ukraine, le conflit israélo-palestinien et l’emploi du terme « génocide » pour évoquer la situation à Gaza.
  • La stratégie de la gauche face à La France insoumise a également divisé les candidats, tout comme plusieurs sujets de politique intérieure tels que les retraites, la dette ou le prix des carburants.

Ukraine, Gaza, alliances à gauche : le premier débat télévisé de la primaire de l’espace social-démocrate a fait ressortir plusieurs divergences entre les cinq candidats, mercredi sur LCI. Ségolène Royal, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel se sont notamment opposés sur les grands dossiers internationaux et sur la stratégie à adopter face à La France insoumise.

La guerre en Ukraine a donné lieu à l’un des échanges les plus directs de la soirée. Ségolène Royal a défendu l’idée d’une négociation avec la Russie tout en affirmant vouloir « aider l’Ukraine à obtenir une paix juste et durable ». « Certains nous disent qu’on n’a pas le droit de parler de paix, sinon on est traité de poutinolâtre », a-t-elle regretté. Raphaël Glucksmann lui a répondu que Vladimir Poutine « n’a aucune intention de négocier » avec les Européens et qu’il fallait au contraire « résister, aider les Ukrainiens parce que c’est notre première ligne de défense ». Jérôme Guedj a reproché à l’ancienne candidate à la présidentielle « un flottement » sur ce sujet.

Gaza et le conflit israélo-palestinien

Les tensions ont également été fortes sur le conflit israélo-palestinien. Ségolène Royal a estimé que « la montée de l’antisémitisme n’est pas due à Israël » mais « aux actuels dirigeants » du pays. Elle a aussi souhaité « plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe » à Gaza « est intolérable ». Jérôme Guedj a dénoncé une injonction « incroyable », estimant que « dire que c’est aux Juifs de se justifier du gouvernement israélien, c’est essentialiser le conflit ». Raphaël Glucksmann a lui aussi contesté ces propos, évoquant le risque de voir des personnes « se faire traiter de génocidaires juste parce qu’ils ont une kippa ». Ségolène Royal a dénoncé des « caricatures » et des « procès d’intentions ».

Un autre désaccord a porté sur l’emploi du terme « génocide » pour qualifier la situation à Gaza. Olivier Faure a défendu son utilisation, contrairement à Raphaël Glucksmann. « Prononcer le mot de génocide, ça a un poids. Quand Pedro Sánchez parle d’un gouvernement génocidaire, ça a du poids. Et nous avons besoin de ce poids-là pour dire stop à ce massacre insupportable », a insisté le premier secrétaire du Parti socialiste. Les candidats ont également affiché leurs différences sur plusieurs sujets de politique intérieure, parmi lesquels le prix des carburants, les retraites et la dette.

La question de La France insoumise

La question des relations avec La France insoumise a constitué l’autre grand axe du débat. Jérôme Guedj s’en est pris directement à Olivier Faure au sujet de l’alliance conclue avec LFI lors des législatives anticipées de 2024, affirmant qu’il « s’en fichait de la survie d’un groupe socialiste » à l’Assemblée. « Il n’y a pas de gauche irréconciliable », lui a répondu Olivier Faure, avant d’appeler ses concurrents à « cesse [r] cette obsession avec LFI » et à se concentrer sur l’extrême droite. Ségolène Royal a aussi estimé que cette « obsession contre LFI » contribuait à placer le parti de Jean-Luc Mélenchon « au centre du jeu ».

Notre dossier sur la gauche

Raphaël Glucksmann a défendu une ligne inverse en excluant toute alliance avec LFI. « Il faut être clair et net et le dire maintenant : il n’y aura pas d’alliance avec LFI à la présidentielle et il n’y en aura pas non plus aux législatives », a-t-il affirmé. L’eurodéputé de Place publique a également estimé que Jean-Luc Mélenchon ne pouvait pas être élu président car « il fait trop peur à trop de monde ». Bref, ce premier débat a ainsi surtout mis en lumière les désaccords entre les candidats sur la politique étrangère et sur les alliances à gauche.