Présidentielle, immigration, voile, Marine Le Pen... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Éric Zemmour sur BFMTV
Invité de "Face à BFM" ce jeudi, Éric Zemmour a déclaré qu'il "sera candidat à la présidentielle" tout en ne l'officialisant pas. Le fondateur de Reconquête s'est ensuite exprimé sur les prix du carburant, les mesures budgétaires ainsi que ses thématiques de prédilection: l'immigration et l'islam.
Prix du carburant, budget 2027, immigration, voile... D'abord dans "Face à BFM" puis en débat face à Jean-François Copé, Éric Zemmour a pu défendre ses propositions ce jeudi 17 septembre à sept mois du premier tour de l'élection présidentielle.
• "Je serai candidat à la présidentielle", annonce Éric Zemmour
S'il n'est pas encore officiellement candidat à l'élection présidentielle, Éric Zemmour affirme être dans un "processus de candidature". Mais il a confirmé que ce sera lui, et non Sarah Knafo, qui représentera Reconquête pour cette élection. "Je serai candidat à la présidentielle", a-t-il ainsi annoncé.

L'homme politique explique cette prudence par sa première tentative il y a cinq ans, la jugeant précipitée. "La ferveur populaire m'a poussée à sortir de mes craintes et donc j'y suis allé mais on fait tout dans le désordre, on n'avait pas de parti, pas les signatures et pas de programme", a-t-il relaté.
Éric Zemmour a expliqué être mieux préparé avec le maillage territorial de Reconquête et des travaux depuis un an pour élaborer un programme.
Quel rôle pour Sarah Knafo? "Nous ferons campagne ensemble", promet le fondateur du parti en évoquant celle qui est également sa compagne. "Nous sommes le binôme le plus cohérent" de cette campagne présidentielle, avance encore l'ancien journaliste, assurant qu'elle "aura un rôle éminent".
• Éric Zemmour dénonce "les mesurettes" de Sébastien Lecornu sur le budget
Quelques heures avant l'émission, Sébastien Lecornu a annoncé "un effort" de 54 milliards d’euros d’économies dans le budget de l'État et de la sécurité sociale pour 2027. Éric Zemmour considère que "c'est du bricolage", pire, "ce sont des mesurettes." Le patron de Reconquête estime que le compte n'y est pas. "C'est 54 milliards pour compenser les 39 milliards d'augmentations qu'il supporte et qu'il ne peut pas réduire", citant les dettes créées sur les deux derniers quinquennats.
"Nous, avec Sarah Knafo, nous voulons faire 140 milliards d'euros de baisses" sur les dépenses de l'État, précise-t-il encore, évoquant par exemple la suppression des APL pour les personnes étrangères, ou la suppression de 800.000 postes de fonctionnaires en cinq ans.
• Ses propositions pour le prix du carburant
Éric Zemmour a réagi à l'augmentation des prix du carburant qu'il a lié au contexte géopolitique. "Mais il y a une autre raison", a-t-il ajouté, évoquant les taxes. "L'État profite de façon indue de cette augmentation du prix de l'essence pour augmenter ses recettes."
Le fondateur de Reconquête propose de baisser l'accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE) d'un tiers, soit "une réduction d'à peu près 27 centimes", et supprimer les certificats d'économie d'énergie estimés à 42 centimes. "Si on est à 2,15 euros du litre, ça nous fait un prix à 1,80 euro, c'est déjà haut!"
L'homme politique qui chiffre ce manque à gagner pour l'État à 12 milliards d'euros propose de les compenser par des baisses de dépense. Éric Zemmour a dit comprendre les mobilisations. "Elle est légitime cette colère."
• Éric Zemmour veut l'interdiction du voile et de la kippa dans l'espace public
Quelques semaines après la proposition du Rassemblement national d'interdire le voile dans l'espace public, Éric Zemmour considère que le parti de Marine Le Pen a fait machine arrière.
Le fondateur de Reconquête est favorable à ce dispositif. Interrogé sur l'éventuelle interdiction du port d'autres signes religieux dans l'espace public, il dit également vouloir "interdire la kippa dans la rue".
"La laïcité, c'est la discrétion dans l'espace public", a-t-il insisté, jugeant que le "port de la croix ostensible, ça n'existe pas" considérant qu'il y a "une supériorité historique et culturelle du christianisme en France, parce que c'est sa tradition."
Mais pour l'homme politique "la priorité absolue" est le voile. "C'est contraire à tout ce que nous sommes. Une femme voilée ne sait que c'est que la loi de la République, le devoir de discrétion et d'assimilation."
• Il préfère "un robot plutôt qu'un étranger" pour l'aide aux personnes âgées
Questionné sur les métiers en tension et l'apport de l'immigration pour occuper ces emplois, qu'il s'agisse des services à la personne ou de la santé, Éric Zemmour a assuré que l'on pouvait s'en passer. "Dans un premier temps on peut garder ces 50.000 qui travaillent, j'accepte pendant un temps court, avec des contrats courts pour pouvoir les renvoyer immédiatement dans les champs, dans le bâtiment", a-t-il entamé.
Le fondateur de Reconquête a ensuite déclaré que "des millions de chômeurs mal formés devraient travailler à la place des 50.000 immigrés", suggérant la fin du collège unique et "une orientation précoce" vers "les emplois manuels", et prônant de "réduire l'assistanat", comme le plafonnement à trois ans du RSA, ou "une réforme massive des allocations chômage pour une reprise plus rapide."
Enfin, il a déclaré que "l'avènement d'une révolution technologique" allait permettre de mettre "des robots à la place des immigrés", allant même jusqu'à dire "préférer un robot plutôt qu’un étranger" pour s’occuper du maintien des personnes âgées à domicile.
• Éric Zemmour en faveur d'une capitalisation progressive pour les retraites
"Le système par répartition est mort et condamné, il n’y a pas plus assez d’enfants" pour le financer, a critiqué Éric Zemmour. "Oui, il faut travailler plus", a-t-il ajouté se prononçant pour un système par "capitalisation".
L'homme politique a dit regretter qu'une telle décision n'ait pas été prise plus tôt. "Il fallait faire les fonds de pension en 86. On va progressivement mettre de la capitalisation et on va progressivement sortir de la répartition mais je reconnais que ça va prendre très longtemps."
Éric Zemmour s'est prononcé en faveur d'un allongement de la durée du travail, assumant "n'être absolument pas d'accord avec Marine Le Pen là-dessus", suggérant "64 voire 65 ans."
• Éric Zemmour pense qu'un président de la République peut faire la paix entre Russie et Ukraine
Éric Zemmour a expliqué avoir fait du chemin depuis 2018 lorsqu'il disait son admiration pour Vladimir Poutine. "Je me suis trompé. J'avais sous-estimé sa capacité à passer à l'acte."
Il a également partagé sa déception que le maître du Kremlin ait dit "non" aux encouragements de Donald Trump à faire la paix. "Il faut arrêter cette catastrophe. Vladimir Poutine dira non, c'est sa responsabilité historique. Je pense qu'il a tort parce qu'il ne gagnera pas la guerre comme l'Ukraine ne gagnera pas la guerre."
Il considère que la France "peut essayer de refaire" ce qu'a fait Donald Trump. "Nous sommes les alliés de l'Ukraine et que par ailleurs, nous avons des relations depuis des siècles avec la Russie", a-t-il ajouté. "Le problème, c'est Macron, son inconstance, son manque de sérieux parfois à décourager tous les autres hommes d'État, il est traité de manière dédaigneuse."
• "Il faut se réarmer" défend Éric Zemmour en réponse à Fabien Roussel
Au lendemain de l'intervention sur BFMTV/RMC de Fabien Roussel appelant à "mettre un stop sur l'économie de guerre", Éric Zemmour a pris le contre-pied du dirigeant communiste.
"Au contraire, nous avons désarmé depuis 30 ans de façon follement imprudente", a-t-il dénoncé, saluant "enfin" le doublement des crédits sous Emmanuel Macron.
"Nous avons une armée excellente mais elle est échantillonnaire, il faut absolument la renforcer."
Quid de l'aide à l'Ukraine? "Elle n'est pas dans ma liste maintenant, je pense que nous allons être contraints par nos problèmes budgétaires, il faut se poser la question globalement et arriver à favoriser la paix."
"Nous sommes en train quand même de permettre à l'Ukraine de se forger une industrie de défense qui un jour concurrencera la nôtre", a-t-il ajouté, reconnaissant le mérite d'un peuple "qui meurt pour l'indépendance de son pays".
• "Madame Le Pen est une femme de gauche souverainiste", assure Éric Zemmour
En 2021, Éric Zemmour avant de se déclarer candidat à la présidentielle, l'essayiste avait qualifié Marine Le Pen de "femme de gauche (...) en décalage avec son électorat." Cinq ans plus tard, il persiste. "Plus que jamais, tout le monde le voit. Évidemment, Mme Le Pen est une femme de gauche, socialiste en économie, progressiste sur les questions de société et pense que l'islam est compatible avec la République et pense que l'islam est différent de l'islamisme", a-t-il énuméré, lui accordant la classification de "gauche souverainiste."
Il a expliqué qu'un accord électoral avec Marine Le Pen n'était pas envisageable. "Elle ne connaît pas les alliés, elle ne connaît que des vassaux, elle a été fabriquée comme ça. Je n'ai pas l'âme d'un vassal." Le fondateur de Reconquête a dit regretter que la candidate du RN et Bruno Retailleau "rejettent" l'union des droites qu'il appelle.
• Éric Zemmour et Jean-François Copé s'accusent mutuellement de "faire monter LFI"
Confronté lors d'un débat succédant à "Face à BFM" à Éric Zemmour, Jean-François Copé a accusé le fondateur de Reconquête de défendre "la philosophie de Charles Maurras", maître à penser de l'extrême droite, plutôt que celle du général De Gaulle. "La France que vous décrivez, est chrétienne, blanche, mais en réalité derrière tout ça, il y a tout sauf les autres et vous êtes dans la désignation d'un bouc émissaire, ce qui est ce que fait l'extrême droite d'un côté et l'extrême gauche de l'autre."

"En vous écoutant, vous avez donné ce soir une contribution absolument magnifique à la montée de Mélenchon de l'autre côté de l'échiquier avec cette radicalisation", a-t-il ajouté.
Cette déclaration n'a pas plu à Éric Zemmour qui a renversé l'accusation. "Ce n'est pas moi qui fait monter Jean-Luc Mélenchon, c'est une politique migratoire depuis 30 ans qui est passée de 100.000 immigrés légaux à 500.000 aujourd'hui, dont vous êtes coresponsable et qui a alimenté monsieur Mélenchon et LFI." Des chiffres qui ne représentent pas tout à fait la réalité. Si les chiffres de l'Insee confirment que le nombre d'immigrés légaux était d'environ 100.000 par an en France en 2000, il est de 377.000 par an en 2025.
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