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Présidentielle. Avec Edouard Philippe et François Hollande, le retour droite-gauche

Qui d’Édouard Philippe ou de François Hollande a le plus de chances de figurer au second tour de la présidentielle ? L’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron et président du parti Horizons, et l’ex président de la République, toujours socialiste, en ont tous les deux l’ambition. C’est officiel pour le premier ; officieux pour le second. Le débat qui les a opposés ce samedi à Sens, dans le cadre de l’université d’été du laboratoire de la République (1), était dans cette optique, très attendu par les deux responsables politiques. Pour des raisons différentes.

Pour Édouard Philippe, c’est le temps de l’accélération. En quelques jours, il a fait des propositions très marquées sur les thèmes de l’immigration, sur l’éducation et sur le travail en demandant notamment la réduction de la durée de l’indemnisation chômage pour les moins de 50 ans ainsi qu’un coup de frein sur les arrêts de travail.

François Hollande et Édouard Philippe ont débattu pendant une heure à Sens, à l’Université d’été du laboratoire de la République. Photo SIPA/ISA HARSIN

François Hollande et Édouard Philippe ont débattu pendant une heure à Sens, à l’Université d’été du laboratoire de la République. Photo SIPA/ISA HARSIN

Un futur match ?

Pour François Hollande, c’est le temps de l’affirmation. Alors que le PS démarre un processus de primaire pour désigner son candidat à la présidentielle, lui se positionne au-dessus des partis. Fort de son statut d’ancien chef de l’État, il fait des propositions dans un livre à paraître le 3 septembre (« Unir », éditions Robert Laffont) et assume préparer une candidature. « Si la situation l’exige », résume-t-il à nos confrères du Point.

En débattant avec Édouard Philippe, qui apparaît en cette rentrée comme le mieux placé pour accéder à un second tour face à Marine le Pen (RN), François Hollande installe le match auquel il aspire, sans pour autant entrer dans l’arène.

« Il faut s’unir », a-t-il répété, s’adressant aux Français. L’ancien président, qui n’avait pas débattu dans un tel format depuis dix ans, défend une « union sacrée pour la démocratie ». Son positionnement au-dessus des partis, est moins à gauche qu’en 2012 lors de son élection à l’Élysée. « Je suis un homme de droite qui veut rassembler la droite et le centre » insiste Édouard Philippe, assumant un clivage droite gauche tout en assurant de pouvoir discuter avec la gauche, avec laquelle il « n’est pas d’accord », « car c’est la démocratie ».

Deux hommes d’État

Durant plus d’une heure, les deux hommes ont échangé leurs arguments. Sur un ton urbain mais ferme, parfois avec une pointe d’humour, ils ont fait entendre leurs différences politiques tout en s’inscrivant clairement tous les deux dans l’arc républicain. Le débat que les deux camps ont souhaité d’un haut niveau pour mettre en avant leurs statuts respectifs d’hommes d’État, a remis au centre non pas les petites phrases mais la politique au sens noble du terme.

Et maintenant ? « Il y aura un moment de vérité pour la droite et pour la gauche républicaine », a prédit François Hollande. Sans doute vers la fin de l’année. Ce moment de vérité les concernera-t-il ? L’expérience du pouvoir donne -t-elle des droits ? Les électeurs placeront-ils les deux débatteurs en position d’accéder à l’Élysée ou choisiront-ils un casting de renouvellement ?

« L’expérience peut être utile », répond Édouard Philippe, déterminé et direct. « L’expérience ne donne pas de droit elle oblige », renchérit François Hollande, avec plus de hauteur. Les deux ont autant envie l’un que l’autre d’exercer encore le pouvoir. Mais ils savent aussi que ce n’est ni la droite et le centre, ni la gauche « centrisée » qui les sont favorites de la prochaine présidentielle.

(1) Think tank créé par l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer.