taraskuzio.com

Présidentielle 2027 : Richard Ferrand balaie la promesse de Marine Le Pen d'une révision de la Constitution par référendum

La quadruple candidate promet qu'en cas d'accession à l'Elysée, elle consultera les électeurs pour instaurer la préférence nationale et abroger le droit du sol. Mais le président du Conseil constitutionnel a déclaré que la loi ne le lui permet pas, provoquant des réactions indignées au sein du RN.

France Télévisions

Publié le 13/10/2026 13:06

Mis à jour le 13/10/2026 13:09

Temps de lecture : 2min

Le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, le 9 décembre 2025 à Paris. (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)
Le président du Conseil constitutionnel, Richard Ferrand, le 9 décembre 2025 à Paris. (NICOLAS MESSYASZ/SIPA)

Le Rassemblement national est en colère contre Richard Ferrand, le président du Conseil constitutionnel. "Il devrait garder un minimum de neutralité dans sa fonction et ne pas s'engager sur des voies politiques", a tancé Louis Aliot, vice-président du parti d'extrême droite, mardi 13 octobre, sur CNews. A l'origine de ce courroux, une interview dans laquelle l'ancien proche d'Emmanuel Macron balaie la proposition de Marine Le Pen de réviser la Constitution en recourant à son article 11 pour mettre en place la préférence nationale. "Aujourd'hui, vouloir réformer la Constitution par l'article 11, ça n'existe pas", affirme Richard Ferrand, interrogé dans un podcast en partenariat avec BFMTV.

La quadruple candidate à la présidentielle affirme, comme en 2022, que, si elle est élue, elle convoquera une consultation nationale pour modifier la Constitution et mettre en œuvre certains points de son programme, comme la fin du droit du sol et du regroupement familial, la préférence nationale dans l'accès aux aides sociales et pour durcir le droit d'asile. Pour ce faire, l'article 89 de la Constitution prévoit qu'un projet de révision constitutionnelle doit être voté en "termes identiques" par l'Assemblée et le Sénat avant une approbation par référendum ou par une majorité des trois cinquièmes du Parlement réuni en Congrès. "L'article 89 est la seule voie pour réformer la Constitution. Tous mes prédécesseurs l'ont affirmé et réaffirmé – Laurent Fabius avant moi, Jean-Louis Debré également –, il n'y a pas de débat", affirme Richard Ferrand dans cet entretien.

Or, si le RN espère obtenir une majorité à l'Assemblée en cas de victoire à la présidentielle, la tâche serait plus compliquée au Sénat, dominée par la droite et le centre, ce qui bloquerait ses ambitions de révision constitutionnelle. Pour contourner cet obstacle, le parti d'extrême droite affirme qu'il utiliserait l'article 11 de la Constitution, qui permet de réaliser des référendums "sur l'organisation des pouvoirs publics". Le RN s'appuie notamment sur le précédent de 1962 lorsque le général de Gaulle en avait organisé un sur l'élection du président au suffrage universel.

Un argument rejeté par Richard Ferrand. "Le Conseil constitutionnel – il avait à peine 4 ans, c'était un bébé en croissance – avait rendu ce qu'on disait à l'époque un avis officieux, pour dire au général de Gaulle que ce n'était pas conforme à la Constitution", a-t-il fait valoir. "N'est pas de Gaulle qui veut", ajoute l'ancien président de l'Assemblée nationale, nommé à la tête de l'instance par Emmanuel Macron en 2025, avec l'aval des parlementaires, y compris du RN. Le patron des Sages rappelle aussi que le Conseil constitutionnel, qu'il préside depuis, s'est déclaré compétent, en 2000, pour contrôler la légalité du décret convoquant un référendum et la constitutionnalité du texte joint, ce qui n'était pas le cas en 1962.

Ses propos ont agacé les troupes lepénistes. "'Ni législateur, ni constituant.' C'était la parole de Ferrand. Aujourd'hui, il foule sa propre parole aux pieds, en sortant, au passage, de son devoir de réserve", a lâché le député RN de la Somme, Matthias Renault, sur X. "Ce référendum aura lieu, ce n'est pas à lui d'en décider." "Je ne crois pas à la science constitutionnelle de Richard Ferrand", a enfoncé Louis Aliot au micro de CNews.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Shorts

  • Des armes retrouvées au domicile du collégien

    • 3 min

  • Les dernières informations sur l’attaque armée au collège Lakanal à Aubagne (Bouches-du-Rhône)

    • 2 min

  • La campagne présidentielle, va-t-elle prendre un coup de jeune ?

    • 3 min

  • Dark Vador s'invite aux mobilisations lycéennes

    • 1 min

  • Un train à grande vitesse espagnol a pris feu entre Madrid et Barcelone

    • 1 min

  • "Enlevez les gendarmes et les policiers, et vous verrez où ça aboutira" : Richard Caminade, ancien général de gendarmerie

    • 2 min

  • Arabie saoudite, les images de l'attaque de l'aéroport

    • 3 min

  • "C'est moi, moi, moi et moi" : Jean-Pierre Papin agacé par la communication de Kylian Mbappé sur le Ballon d'Or

    • 1 min

  • La destruction de data centers russes paralyse des milliers de robots sur les réseaux sociaux

    • 2 min

  • Le documentaire sur Gaza qui secoue Israël

    • 2 min

  • Ce syndicat contre les blocus lycéens

    • 3 min

  • Des hackers piratent les réfrigérateurs des supermarchés

    • 3 min

  • VOITURE AUTONOME : le test du redoutable rond-point de l'Étoile

    • 1 min

  • Un collégien tire sur une professeure et le principal

    • 3 min

  • "Notre jeunesse subit la politique de gens qu'elle n'a pas élus" : Seydou Ba, lycéen et militant LFI

    • 2 min

  • Aux États-Unis, une exécution ratée relance la question de la peine de mort

    • 3 min

  • Ils regardent des vidéos en conduisant

    • 3 min

  • Ces citoyens qui traquent les malfaiteurs

    • 3 min

  • Comment "Bismillah, c'est les ténèbres" est devenu un slogan de la mobilisation lycéenne

    • 2 min

  • Sauvetage à haut risque en Californie

    • 2 min

  • Le plus vieux marché couvert de Paris incendié

    • 2 min

  • Le profil des suspects du vol des tableaux de Renoir

    • 2 min

  • Michel-Édouard Leclerc s'attend à 4% d'inflation début 2027

    • 2 min

  • Les salariés du jeu vidéo sont en grève, interview avec un employé d'un grand studio français

    • 2 min

  • Les attaques houthies se multiplient en Arabie saoudite

    • 2 min

  • "Il y a beaucoup de sang dans le couloir" : émotion après les tirs dans un collège d'Aubagne

    • 2 min

  • Nouvelle crue spectaculaire au Népal

    • 2 min

  • Raphaël Glucksmann, la victoire d'un gêneur

    • 2 min

  • Des sanctions pour les blocus de lycées ?

    • 2 min

  • Crise de la filière automobile européenne

    • 3 min