Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann en terrain conquis aux Rencontres de la gauche organisées à Bram par Carole Delga
La gauche sociale-démocrate et hors La France insoumise se rassemblait ce samedi 19 septembre, à Bram dans l’Aude, à l’initiative de Carole Delga.
Ce n’était pas encore le grand soir, mais il y avait la foule des grands jours, ce samedi 19 septembre, à Bram, dans l’Aude pour les rencontres de la gauche, hors La France insoumise. Une sixième édition d’un rendez-vous marqué par la perspective de l’élection présidentielle, trois des cinq candidats à la primaire de la gauche avaient d’ailleurs fait le déplacement, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, et Raphaël Glucksmann (*).
Et c’est ce dernier qui a fait exploser l’applaudimètre lors de son entrée dans le vaste parc qui abrite l’événement, aux côtés de Carole Delga, des autres candidats à la primaire, et de diverses personnalités politiques, au premier rang desquelles figuraient l’écologiste Yannick Jadot, ou le maire de Montpellier Michaël Delafosse.
Mais tous les regards étaient tournés vers le patron de Place publique, qui a multiplié accolades, selfies, et bises distribuées à la volée, avant de pouvoir regagner sa place, pour écouter les échanges d’une première table ronde.
Un Raphaël Glucksmann qui n’a pas dû être franchement étonné par la chaleur de ce bain de foule, tant il est ici en terrain conquis (il y venait pour la troisième fois), lui qui est aussi officiellement soutenu dans sa démarche de candidat par Carole Delga, Michaël Delafosse (qui l’avait accueilli la veille à Montpellier), et une grande partie des cadres socialistes d’Occitanie.
Hommage à Martin Malvy et Damien Alary
En ouverture de la journée, avant même de prononcer son discours, la présidente de Région avait d’ailleurs réaffirmé son soutien à l’eurodéputé, fustigeant ceux qui "veulent enfermer les gens dans leur condition de naissance. Je ne l’accepte pas. Pas plus pour moi dans ma condition de paysanne des Pyrénées, que pour lui en intello éthéré. J’ai accompagné Raphaël dans des quartiers très pauvres, ou aux côtés d’agriculteurs, et j’ai vu sa capacité à écouter, et à proposer des réponses".
Carole Delga s’est donc ensuite adressé à un public fourni (2 500 personnes environ), lui aussi tout acquis à sa cause, qui lui a réservé une longue standing ovation. Pour un discours qu’elle a ouvert en rendant hommage à deux anciens présidents de Région, Martin Malvy (Midi-Pyrénées), présent hier au premier rang, et le Gardois Damien Alary, disparu voici un an.
Le Rassemblement national stigmatisé
"Nous devons être les défenseurs de ceux et celles qui ont des fins de mois difficiles", a-t-elle rapidement déclaré, articulant son argumentaire autour de ce fil rouge.
Dans une ambiance bon enfant (deux tonnes de cassoulet sont servies), avec un souci constant de rappeler l’ancrage territorial de ce rendez-vous, voire de faire appel à la générosité des participants (5 000€, une partie des recettes, ont été reversés aux associations qui aident les habitant touchés à Pomas en août, et lors des mégafeux de juillet dans les Pyrénées-Orientales), Carole Delga a aussi électrisé l’ambiance en stigmatisant avec virulence les idées du Rassemblement national. Et d’appuyer son propos en évoquant les propos racistes, sexistes, et homophobes du policier municipal de Carcassonne entendus dans la vidéo révélée par Midi Libre.
Raphaël Glucksmann qui intervenait plus tard dans la journée France sur le sujet des territoires oubliés, avait, lui, déclaré aussitôt arrivé à Bram : "Nous devons partager ici un moment de convictions. Je veux chasser l’esprit de défaite, notre famille va gagner en 2027 !"
En France, quatre blocs ?
Un peu plus tard lors d’un échange informel avec la presse, il avait réaffirmé ces convictions-là, salué le processus démocratique enclenché dans son camp ("Nous sommes les seuls à choisir notre candidat ainsi"), et dit sa conviction que le paysage politique français n’était pas tripartite mais divisé en quatre.
Avant d’assurer qu’il s’attelait à "l’élargissement sociologique du vote en notre faveur", de constater que la gauche à laquelle il appartient "a perdu les travailleurs, les sous-préfectures, les quartiers populaires", et, de juger indispensable, donc, de parler "d’usines, d’agriculture, d’industries, de production, et des territoires non pas oubliés mais abandonnés". Ce qu’il se promet de faire, en campagne. S’il passe le cap de la primaire.