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Présidentielle 2027. Primaire sociale-démocrate : comment Raphaël Glucksmann a écrasé le match

Raphaël Glucksmann s’est qualifié ce dimanche dès le premier tour de la primaire sociale-démocrate, avec 66 % des voix, soit 50 points devant Olivier Faure. Son principal défi désormais est de rassembler derrière la gauche dont les Écologistes, ce qui est loin d’être acquis.

Nathalie Mauret -

Hier à 20:45 | mis à jour hier à 22:18

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Raphaël Glucksmann était le favori du scrutin et le résultat est sans aucun doute au-delà de ses espérances. Le leader de Place publique écrase le match et réunit plus de 66 % des suffrages dans une primaire de la gauche à laquelle ont participé plus de 120 000 votants. C’est incontestablement le choix d’un homme, et une clarification de la ligne politique pour la gauche sociale-démocrate dans la mesure où Raphaël Glucksmann a axé sa candidature sur le rejet de tout accord avec La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. « Je serai le candidat de la justice sociale et fiscale, de la révolution écologique ; le candidat de la rupture avec le macronisme et avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche française », a réagi celui qui est désormais candidat à la présidentielle.

Le score très net de Raphaël Glucksmann ne cache pas la contre-performance d’Olivier Faure. Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) sort défait de cette consultation, avec moins de 15 % des voix (14,46 %). C’est 50 points d’écart avec Raphaël Glucksmann ! Un désaveu pour celui qui prétendait pouvoir parler à toute la gauche. Il restera à la tête du PS mais sort affaibli de la séquence. Les trois autres candidats, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel, obtiennent tous moins de 10 % des voix. « C’est l’effacement du PS », gloussait un proche de Jean-Luc Mélenchon à l’annonce des résultats. Le candidat insoumis considère en privé que le résultat le sert politiquement, ne croyant pas au poids électoral du centre gauche. Les votants ont clairement fait le choix de celui qui était le mieux placé dans les sondages puisque le leader de Place publique est crédité de plus de 10 % dans les intentions de vote, bien au-dessus des autres candidats.

  • Raphaël Glucksmann (au centre) a battu ce dimanche Olivier Faure, Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj. Photo AFP/Romain Perrocheau

    Raphaël Glucksmann (au centre) a battu ce dimanche Olivier Faure, Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj. Photo AFP/Romain Perrocheau

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  • Raphaël Glucksmann ce dimanche soir. Photo AFP/Romain Perrocheau

    Raphaël Glucksmann ce dimanche soir. Photo AFP/Romain Perrocheau

Le plus difficile commence

Olivier Faure et Raphaël Glucksmann, qui ne s’adressent plus la parole depuis plusieurs semaines, se sont affichés ensemble dès les résultats connus. Même Ségolène Royal, qui avait été très dure vis-à-vis de Raphaël Glucksmann, le traitant de « stagiaire », a dit son soutien au candidat désormais officiel. Pour lui, le plus difficile commence. Car Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, n’a pas caché sa déception à la suite du résultat, évoquant « le choix du repli ». Le nouveau candidat n’est pas dupe et n’ignore pas les procès qui lui sont faits de connivence avec le centre par une partie de la gauche. « Ma responsabilité est de rassembler », a-t-il reconnu. C’est d’ailleurs là l’un de ses défis majeurs tant la courte campagne a démontré qu’il y avait deux gauches irréconciliables. Il doit incarner le vote utile, ce qu’est parvenu à faire Jean-Luc Mélenchon, largement devant lui dans les sondages, en ce début de campagne.

Ce score écrasant est aussi une mauvaise nouvelle pour François Hollande, qui prépare sa candidature et qui espérait une victoire plus étriquée pour Raphaël Glucksmann. Son retour éventuel est plus compliqué car l'eurodéputé devrait logiquement connaître une dynamique dans les prochaines semaines. Une dynamique qu’il devra garder pour faire taire les doutes qui subsistent dans son camp.