Présidentielle 2027 : "Pas d’insulte !" : LFI, Ukraine, Gaza… un premier débat électrique entre les candidats de la primaire de la gauche
Les cinq candidats à la primaire de l’espace social-démocrate se sont donné rendez-vous pour un premier débat sur LCI, mercredi 23 septembre. Cette soirée d’échanges a été marquée par les questions d’une alliance avec La France Insoumise mais aussi par l’évocation des guerres en Ukraine et à Gaza.
Ce qu’il faut retenir :
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Les cinq candidats de la primaire social-démocrate se sont affrontés mercredi 23 septembre lors d’un débat de plus de trois heures sur LCI. Les lignes de fracture portent notamment sur des alliances avec La France insoumise.
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Les guerres en Ukraine et à Gaza ont suscité de vives tensions. Ségolène Royal s’est retrouvée isolée et vivement critiquée par Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj après ses propos sur la Russie et la situation des Juifs.
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La première étape du scrutin aura lieu les 9 et 10 octobre. Le député de l’Eure Philippe Brun en reste exclu suite à sa suspension du Parti socialiste, sa demande de réintégration ayant été rejetée par la justice mercredi.
Les cinq candidats à la primaire de l’espace social-démocrate se sont violemment affrontés mercredi soir sur la sempiternelle question d’une éventuelle alliance avec LFI aux législatives, lors d’un premier débat télévisé.
Alors que trois des candidats, le patron du PS Olivier Faure, l’ex-candidate à la présidentielle de 2007 Ségolène Royal et le député Emmanuel Maurel ont refusé d’exclure un rapprochement avec La France insoumise aux législatives, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann et le député Jérôme Guedj ont dénoncé leur positionnement, lors d’une émission sur LCI au format "face aux Français", de plus de trois heures.
? Suivez en direct notre soirée spéciale « Primaire de gauche : face aux Français » sur LCI https://t.co/YOQvrTTy0B
— LCI (@LCI) September 23, 2026
Un affrontement autour de LFI
Le député Jérôme Guedj s’en est pris directement à Olivier Faure, lui reprochant son alliance lors des législatives anticipées de 2024 avec LFI. "La godille, c’est bon pour le ski, pas pour la gauche", a-t-il lancé, assurant que lui-même "s’en fichait de la survie d’un groupe socialiste" à l’Assemblée. "Vous glissez dans la soumission à La France insoumise…", a-t-il encore déploré.
"Pas d’insulte !", a rétorqué Ségolène Royal. "Si vous ne voulez pas faire d’alliance avec la gauche, vous voulez la faire avec la droite", a-t-elle critiqué. "Arrêtons de cracher sur le reste de la gauche ! Si vous dites aux électeurs insoumis qu’ils sentent mauvais, ils ne viendront jamais !", a répondu Olivier Faure, appelant à s’occuper de l’extrême droite "qui pour la première fois depuis Vichy, effectivement, peut l’emporter".
"Si par malheur Marine Le Pen arrive à l’Elysée", il faudra "se rassembler" à gauche, a aussi argumenté Emmanuel Maurel. Mais pour Raphaël Glucksmann, "pour battre l’extrême droite, y compris aux législatives, si vous arrivez avec une alliance avec LFI, vous perdez", estimant que Jean-Luc Mélenchon "fait trop peur à trop de monde".
Les guerres en Ukraine et à Gaza évoquées
Un peu plus tôt, les sujets de l’Ukraine et du conflit israélo-palestinien ont donné lieu à des premières passes d’armes. Ségolène Royal a notamment été mise en difficulté, lorsqu’elle a défendu l’idée de négocier avec la Russie. Celle qui avait attaqué ces derniers jours le favori du scrutin Raphaël Glucksmann, qu’elle avait qualifié de "stagiaire", a estimé qu’il fallait "aider l’Ukraine à obtenir une paix juste et durable", mais "certains nous disent qu’on n’a pas le droit de parler de paix, sinon on est traité de poutinolâtre", a-t-elle déploré.
Mais Poutine "n’a aucune intention de négocier" avec les Européens, a répliqué Raphaël Glucksmann, appelant au contraire à "aider les Ukrainiens parce que c’est notre première ligne de défense".
Ségolène Royal avait, lors du début de l’invasion russe en Ukraine en 2022, mis en doute la réalité de certains massacres, avant de s’excuser. Elle est depuis régulièrement accusée de complaisance envers le Kremlin, ce qu’elle a réfuté mercredi soir. Elle a également dû se défendre après avoir estimé que "la montée de l’antisémitisme n’est pas due à Israël" mais "aux actuels dirigeants" du pays, et qu’il faudrait "plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qui se passe" à Gaza "est intolérable".
Une injonction "incroyable" pour Jérôme Guedj. "Dire que c’est aux Juifs de se justifier du gouvernement israélien, c’est essentialiser le conflit", a-t-il dénoncé, rejoint par Raphaël Glucksmann qui a jugé que c’est "avec ce type de discours qu’à la fin on se retrouve avec un père et ses enfants qui marchent dans la rue et qui se font traiter de génocidaires juste parce qu’ils ont une kippa".
Olivier Faure a de son côté plaidé pour que le mot de génocide soit utilisé pour évoquer ce qui se passe à Gaza, ce que refuse de faire Raphaël Glucksmann.
Le premier tour le week-end des 9 et 10 octobre
L’un des cinq candidats sera désigné par les militants, les 9-10 et 16-17 octobre, comme le représentant de la gauche social-démocrate à la présidentielle. Mais ce sera sans le député Philippe Brun, la justice ayant rejeté à deux reprises mercredi sa demande de réintégration dans la primaire.
Le député de l’Eure, qui avait ses parrainages pour être candidat, a été suspendu la semaine dernière à titre conservatoire du Parti socialiste et donc de la primaire, après des accusations de violence contre une ancienne collaboratrice, qu’il conteste.
Il s’agissait du premier des trois débats prévus pour cette primaire et destinés à attirer le grand public et rendre le corps électoral le plus large possible. Les organisateurs espèrent au moins 100 000 votants, loin de la primaire qui avait conduit à la victoire de François Hollande en 2012 (entre 2,6 et 2,8 millions d’électeurs).