Présidentielle 2027 : "Mélenchon ou pas Mélenchon ?" Comment La France insoumise compte-t-elle convaincre au-delà de ses militants pour l'élection ?
l'essentiel Lors des universités d'été de La France insoumise à Châteauneuf-sur-Isère, les militants s'interrogent sur la stratégie à adopter pour élargir leur base électorale en vue de la présidentielle sans renier leur programme. Certains voudraient faire oublier la personnalité clivante du leader insoumis.
Le calcul n’est pas compliqué. Naïma en a pourtant la chair de poule : si Jean-Luc Mélenchon veut l’emporter au second tour de la présidentielle en mai prochain, il va lui falloir réunir au moins la moitié des votants, c’est-à-dire l’ensemble de la gauche et une partie des électeurs macronistes… À cette évocation, la jeune femme montre son avant-bras dont les poils se dressent vers le ciel. Séduire les macronistes si longtemps combattus ressemble à un reniement.
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Les universités d’été de LFI (AMFIS) qui se tiennent depuis jeudi 20 août à Châteauneuf-sur-Isère à côté de Valence, sont les dernières avant la prochaine échéance électorale et les militants ont le regard braqué vers cet horizon incertain. Tous veulent croire à la victoire mais tous savent aussi qu’elle n’est pas à portée de main car il va falloir convaincre au-delà de la famille insoumise. Bien au-delà. Or la recette pour y parvenir n’a rien d’évident. Faut-il amender le programme pour séduire les socialistes, les Verts qui tiennent leurs universités d’été non loin de là à Grenoble, et même la gauche de la macronie ? Faut-il changer de ton pour apaiser les craintes de ceux qui placent désormais un signe égal entre RN et LFI ?
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Certains estiment que la personnalité de Jean-Luc Mélenchon est un obstacle au rassemblement. "Il faut dissocier l’homme du programme", assure par exemple Naïma sans même que la question sur le leader Insoumis lui soit posée. Elle ajoute : "C’est vrai qu’il parle fort, mais que l’on aime ou pas Mélenchon, là n’est pas la question. Il faut lire le programme".
Un peu plus loin, assise sur une palette en bois aux côtés de son amie Marie-Laure, Johanna assure qu’elle veut convaincre jusqu’aux électeurs de droite et d’extrême droite mais elle aussi se heurte à la personnalité du candidat : "je ne suis pas mélenchoniste, nous assure-t-elle. Le personnage ne me plaît pas mais le programme est fait par des personnes très compétentes et c’est ça qui fait la force de LFI". Marie-Laure, au contraire, assure qu’elle est fan du candidat mais reconnaît : "il ne permet pas de dépassionner le débat. Il faut sortir du débat Mélenchon/pas Mélenchon".
"Notre programme doit s'appliquer"
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Pour ce faire, les deux jeunes femmes veulent parler programme et Marie-Laure est même prête à quelques concessions pour réussir à rassembler : "il faut se demander de quoi les gens ont peur et peut-être leur dire : sur tel et tel point on ira doucement". Son amie est moins conciliante : "il faut convaincre les électeurs que l’on n’a pas le choix, que notre programme doit s’appliquer si on veut s’en sortir", assure Johanna.
Un peu plus loin, Lucas et Nicolas sont sur des positions similaires : le programme rien que le programme. "Est-ce que l’on veut vraiment séduire Yannick Jadot ? fait mine de s’interroger Lucas. Son programme est incompatible avec le nôtre. On ne doit rien céder sur la planification écologique, la taxation des riches… Le front anti-fasciste poussera les électeurs à se tourner vers nous, même les macronistes".
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Un peu plus tard, entouré d’une cohorte de journalistes, le candidat Mélenchon le dira avec d’autres mots : "les gens qui viendront seront les bienvenus mais pas pour le jacassin".
"Tout le monde peut nous rallier"
Malgré cette absence de main tendue, Naïma refuse d’être défaitiste. Ses boucles d’oreilles aux couleurs du drapeau palestinien s’agitent autour de son visage : "on a quand même toujours une base commune avec les socialistes sur le partage des richesses, la taxation des grandes fortunes… Tout le monde peut nous rallier même Glucksmann. J’ai envie d’y croire parce que j’ai peur ", souffle-t-elle alors que son regard se charge de larmes à l’idée d’une victoire de Marine Le Pen.