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Présidentielle 2027. Malgré l’éco-anxiété, « l’environnement ne sera pas au centre de la campagne »

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L’éco-anxiété jouera-t-elle un rôle dans les échéances électorales à venir ? Le politologue Eddy Fougier, décrypte l’impact politique que pourrait avoir l’importante vague de canicules et d’incendies que connaît la France.

Propos recueillis par Étienne Ouvrier -

Aujourd’hui à 07:30

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La vague d’éco-anxiété causée par les canicules et incendies aura-t-elle un impact sur le vote des Français en 2027 ?

« A priori non, ou peu. Les études montrent que la préoccupation environnementale progresse dans l’esprit des Français, c’est indéniable, pour autant, elle n’est pas en tête des priorités. Sur les sept enjeux principaux que classifie l’Insee, l’environnement n’est classé qu’en cinquième position, il n’a qu’un impact minime sur le choix du candidat que les Français glissent dans leur bulletin de vote. Les importantes canicules estivales de 2019 ne s’étaient pas traduites dans les urnes. Inaction du gouvernement pour certains, conséquence de l’écologie politique pour d’autres… Quels que soient les évènements, les gens campent sur leur position, quasi certains de détenir la vérité. C’est une vraie guerre de tranchées. »

Eddy Fougier, politologue enseignant à l’IEP d’Aix-en-Provence.  Photo DR

Eddy Fougier, politologue enseignant à l’IEP d’Aix-en-Provence.  Photo DR

D’ici avril 2027, les Français n’auront-ils pas oublié cette crise climatique, tout comme ils semblent avoir oublié la crise du Covid-19 ?

« Au niveau politique, l’éco-anxiété est une angoisse saisonnière, contrairement aux revendications de pouvoir d’achat ou de sécurité. Il ne faut pas s’attendre à ce que l’environnement soit une thématique principale lors de l’élection présidentielle 2027. Une crise en chasse une autre, il est possible que l’incident migratoire dans l’enclave espagnole de Ceuta ait plus d’impact politique que l’épisode d’incendies qu’a connu le pays. »

« Le Rassemblement national a adouci son discours »

Les partis qui portent la question climatique comme priorité sortiront-ils renforcés de cet épisode ?

« L’écologie est politisée aujourd’hui, ce qui agit comme repoussoir sur une partie de la population et explique que les partis qui portent haut la question environnementale, principalement Les Écologistes et La France insoumise, ne profitent pas d’un afflux de nouveaux sympathisants. C’est la théorie de la pastèque : derrière le vert, le rouge ! Une partie des Français assimilent l’écologie politique à la décroissance, le débat est polarisé et pendant ce temps, rien ne bouge, nous perdons du temps. »

Les partis traditionnellement climatosceptiques vont-ils devoir revoir leur copie, poussés par la réalité ?

« Pas forcément. Le Rassemblement national a adouci son discours et semble avoir compris que le climatoscepticisme trop outrancier n‘était plus crédible. Le parti d’extrême droite cite désormais tel ou tel rapport du Giec pour étayer ses propos, mais il sait que sa rente électorale se trouvera plutôt du côté des climatosceptiques ou des anti-écolos. Il n’a que peu d’intérêts à s’éloigner d’eux. Concernant le reste de l’échiquier politique, je doute de changements programmatiques profond à la suite de cet été. S’ils dressent un constat commun concernant le dérèglement climatique, ils prétendent déjà connaître le traitement adéquat. La gauche plaide pour une stratégie de sobriété, voire de décroissance, quand la droite et le centre tablent plutôt sur le développement de technologies, dont le nucléaire. »

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