"Interdire le mensonge en politique"… la proposition choc de Marine Tondelier pour sanctionner ceux qui "trompent" délibérément les électeurs
Vendredi 4 septembre, Marine Tondelier, candidate écologiste à la présidentielle, propose une loi pour sanctionner les mensonges politiques délibérés, jusqu’à l’inéligibilité, afin de renforcer la qualité du débat public. Inspirée du modèle gallois, sa proposition viserait uniquement les fausses informations factuelles diffusées sciemment dans l’intention de tromper, et non les erreurs, imprécisions ou changements d’opinion.
Marine Tondelier, candidate écologiste à l’élection présidentielle, souhaite que la France se dote d’une loi pour "interdire le mensonge en politique, sous peine d’inéligibilité", prenant l’exemple du modèle gallois, a-t-elle annoncé vendredi dans une note de blog.
La France doit se doter "d’un arsenal législatif solide pour protéger la qualité du débat public", à savoir "une loi qui, très clairement, vous sanctionne, si vous mentez", indique la patronne des Ecologistes.
Sa proposition vise "des mensonges factuels et délibérés", détaille-t-elle en ajoutant : "la liberté d’expression n’a jamais été la liberté de dire n’importe quoi et de tromper sciemment".
"Il faut que l’auteur de la phrase soit bien conscient de cette fausseté ou, à tout le moins, qu’il ne puisse pas l’ignorer, et enfin qu’il ait bien eu l’intention de tromper."
Une référence au sénateur Vincent Louault
La candidate à la présidentielle s’appuie sur le témoignage du sénateur Horizons Vincent Louault, qui, lors d’un épisode de "Complément d’Enquête" diffusé jeudi soir sur France 2, a assumé avoir "fait une fake news" lors des récents débats sur l’acétamipride. "Les gens comprennent des messages simples", s’est-il justifié.
"Précisons bien que mensonge n’est pas l’erreur ou l’imprécision. On ne vous sanctionnera pas si, comme tant de politiques, vous n’avez aucune idée du prix d’une baguette ou d’un pain au chocolat. C’est regrettable, bien sûr : ce n’est pas sanctionnable (sauf dans les urnes)", précise Marine Tondelier.
"On ne vous sanctionnera pas non plus si vous changez d’avis, ou si vous essayez à tout prix de faire oublier, en tant que candidat à la présidentielle, que vous avez été Premier ministre des précédents gouvernements, ou tout simplement ministre. C’est lâche, bien sûr, incohérent, évidemment. Ce n’est pas sanctionnable (sauf dans les urnes)", ajoute-t-elle dans un tacle à destination des candidats Edouard Philippe et Gabriel Attal.
L’élue des Hauts-de-France dit s’inspirer du Pays de Galles. Le Parlement gallois a adopté un texte visant à interdire les mensonges des candidats pendant les élections législatives. Il ne sera pas appliqué avant 2030 et prévoit même un système de révocation des élus.
"Partout dans le monde, la droite et l’extrême droite utilisent sciemment la désinformation pour progresser", dénonce encore Marine Tondelier.