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Présidentielle 2027. Dates, candidats, disputes… ce que l’on sait (déjà) de la primaire du Parti socialiste

Si de nombreuses zones d’ombre persistent, la primaire du Parti socialiste (PS) destinée à désigner son candidat à l’élection présidentielle de 2027 semble se préciser peu à peu. Le vote devrait se dérouler les week-ends du 10 et 17 octobre, d’après des indiscrétions dans la presse, confirmées au groupe EBRA (dont fait partie notre journal) par plusieurs cadres du parti à la rose. Un calendrier contraint par les vacances scolaires de la Toussaint, qui débutent justement le 17 octobre. Ces dates restent à officialiser le 25 août prochain, lors du conseil national du mouvement.

Tous les adhérents du Parti socialiste et de son allié Place publique (PP), le mouvement de Raphaël Glucksmann, sont conviés au vote. Le PS compte environ 40 000 encartés, quand Place publique en revendique 11 000. Début juillet, les militants PS s’étaient exprimés à 55,5 % en faveur d’une primaire fermée, autrement dit réservée aux seuls adhérents des deux formations politiques précitées, au grand dam d’Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, qui militait pour une primaire ouverte.

Pour autant, le sénateur PS Alexandre Ouizille a expliqué que le vote serait ouvert aux adhérents du « pôle socialiste ». Ce « pôle socialiste » qui n’existe pas encore serait une plateforme permettant aux électeurs sociaux-démocrates de s’engager dans la « refondation de la gauche », sans pour autant forcément adhérer à l’un des deux partis qui la chapotent. Elle sera un outil de campagne commun au PS et à PP. Une primaire pas si fermée donc, puisqu’ouverte à qui rejoindra la plateforme.

Une adhésion à 15 euros ?

Ce « pôle socialiste » n’existe pas déjà que les cadres du PS s’écharpent sur le montant de l’adhésion. La ligne incarnée par Boris Vallaud plaide pour une somme plutôt restrictive, à hauteur de 15 euros. « Ce montant a fait l’objet d’un accord entre le PS et Place publique », pouvait-on lire dans un message aux militants, consulté par le groupe EBRA, diffusé par un soutien du député des Landes. Le prix semblerait donc avoir été arrêté. « C’est de l’intox, aucun prix n’a été entériné. Ils essayent de forcer les choses, mais c’est lors du conseil national du 25 août que les détails seront fixés », rétorque un membre de l’entourage d’Olivier Faure qui précise « plaider pour un tarif plus accessible ».

En difficulté au sein du parti, le premier secrétaire du PS pousse pour une primaire la plus ouverte possible, qu’il imagine lui être plus favorable. Tout l’inverse de ses concurrents, parmi lesquels Raphaël Glucksmann, qui pensent qu’un format restreint jouerait en leur faveur. C’est pourquoi le choix du montant, qui permet de participer à cette primaire, est un sujet explosif.

Hollande, Faure, Royal, Glucksmann… ?

Nombre de parrainages nécessaires, date butoir pour se présenter… les conditions fixées aux candidats de la primaire seront elles aussi débattues le 25 août. Pour autant, le député de l’Eure Philippe Brun et la candidate défaite de 2007 Ségolène Royal ont d’ores et déjà annoncé s’y présenter. Contacté par le groupe EBRA, Jérôme Guedj, qui avait annoncé en février être candidat à l’élection présidentielle, n’a pas confirmé sa participation : « Une fois les règles de la primaire connues, je déciderai ou non d’y participer. » Eux aussi candidats à la fonction suprême, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve et le maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) Karim Bouamrane ont écarté toute participation à une primaire que ce dernier qualifie de « chronophage et inutile ».

Le premier secrétaire contesté, Olivier Faure, prendra quant à lui sa décision une fois les universités d’été du PS passées, le 28 et 29 août. Boris Vallaud, président des députés socialistes, n’a pas non plus officialisé sa candidature, même s’il assurait au Parisien son « envie d’aller à la bagarre ». Raphaël Glucksmann temporise et pourrait sortir du bois fin août, l’eurodéputé avait annoncé fin mai se donner « trois mois » de réflexion. Enfin, François Hollande a fait savoir qu’il ne participerait pas à la primaire. En embuscade, l’ancien chef de l’État reste en dehors de la mêlée et se rêve en candidat providentiel d’une gauche sociale-démocrate non-mélenchoniste, rongée par les luttes intestines.