Présidentielle 2027 : "C'est elle ou moi"... Le torchon brûle entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, le retour de Marion Maréchal fait dérailler le tandem
Depuis l'annonce de la candidature présidentielle de Marine Le Pen le 7 juillet, des tensions émergent au sein du Rassemblement national. Jordan Bardella, relégué au rôle de "candidat à Matignon", peine à s'imposer.
Depuis le 7 juillet et l’annonce de la candidature présidentielle de Marine Le Pen, le tandem à la tête du Rassemblement national (RN) se fissure. Relégué au rôle de "candidat à Matignon", Jordan Bardella peine à trouver sa place, tandis que la volonté de la candidate de donner plus de visibilité à sa nièce, Marion Maréchal, pourrait creuser encore un peu plus le fossé.
Selon Libération, Jordan Bardella aurait quitté une réunion exécutive du RN après que Marine Le Pen a annoncé son intention de donner plus de visibilité à la députée européenne d’extrême droite, en commençant par l’inviter à prononcer un discours aux journées parlementaires, organisées le samedi 12 septembre au Touquet. Hors de question pour le dauphin du parti, qui aurait quitté la pièce : "C’est elle ou moi", aurait-il lancé, selon plusieurs sources.
En Italie ce samedi 5 septembre, Jordan Bardella a affirmé qu'il n'y avait aucune tension entre Marine Le Pen et lui. "Ça va très très bien, je vous rassure. Je la soutiens à 2 000 %."
Un été discret pour Jordan Bardella
Depuis la décision de justice rendue le 7 juillet dans l’affaire des assistants parlementaires du RN, à l’issue de laquelle Marine Le Pen s’est déclarée candidate à la présidentielle, le "plan B" du Rassemblement national s’est fait très discret. Depuis le premier déplacement de la candidate, le 8 juillet à La Flèche, dans la Sarthe, le binôme n’a pas été aperçu ensemble. Déjà lors de ce déplacement, l’eurodéputé n’avait échangé que peu de mots avec les habitants de cette ville conquise par l’extrême droite aux dernières municipales : "Ce n’est ni du soulagement ni de la déception", avait-il brièvement répondu à la presse.
Le 13 septembre, Marine Le Pen doit faire sa rentrée dans sa circonscription, à Hénin-Beaumont. Et, selon les informations de Libération, Bardella devrait se contenter d’assister à son discours.
"Il essaie de trouver sa place"
Dernière tension en date : Marine Le Pen a évincé François Durvye, le conseiller économique de Bardella, accusé de l’avoir encouragé à doubler la candidate naturelle. Et ce dernier ne l’aurait pas prévenue que le polytechnicien avait choisi l’événement du Medef pour annoncer son départ dans Le Figaro, expliquant réprouver la ligne économique choisie. Si Durvye aurait averti Bardella et Victor Charbert, l’attaché de presse du parti, Marine Le Pen, elle, ne l’aurait appris qu’à la sortie de son débat.
Autre point de divergence : le port du voile. Lieutenant de Marine Le Pen, Jean-Philippe Tanguy a confirmé sa volonté de le sanctionner par "une amende". "L’interdiction dans la rue, ça ne se fait pas du jour au lendemain", avait pourtant indiqué en mars 2025 Jordan Bardella, soulignant que "l’application est compliquée".
Jusqu'où peut aller le malaise ? "Il essaie de trouver sa place, tempère un ancien collaborateur auprès de nos confrères. Dans une présidentielle, il y a trois divisions : les présidentiables, les numéros 2 et les porte-paroles. Quel est l’équivalent de Bardella ?" La vie d'un couple exécutif est faite de désaccords et d'arbitrages. Mais au Rassemblement national, "il n'y a qu'un seul numéro un, c'est le numéro un", résumait déjà le fondateur du parti à la flamme, Jean-Marie Le Pen.