Présidentielle 2027. 350 euros dès le premier enfant, 3 000 euros de réduction d'impôt : Édouard Philippe dévoile son « plan famille »
Édouard Philippe veut « revoir totalement le système des allocations familiales ». Invité jeudi de l'émission « L'Heure de Vérité » sur France Télévisions, le candidat Horizons à l'élection présidentielle a plaidé pour aider les familles « dès le premier enfant ».
« Aujourd'hui, on les aide beaucoup, mais à partir du deuxième et encore plus à partir du troisième. Je pense qu'il faut aider, avec une allocation familiale entièrement revue, toutes les familles à partir du premier enfant », y compris les familles monoparentales, a développé l'ancien Premier ministre, qui propose « une allocation familiale unique qui permet de verser 350 € dès le premier enfant ».
Selon le dernier baromètre Ifop-Fiducial pour LCI, Le Figaro et Sud Radio, Édouard Philippe est crédité de 21 à 24 % au premier tour quand il est le seul candidat du bloc central. Photo Sipa/Jacques Witt
Trois ans sans impôt sur le revenu après une naissance
Le maire du Havre veut aussi « accompagner les familles qui travaillent et qui font un enfant, puis un deuxième, puis un troisième s'ils le souhaitent », grâce à « une réduction d'impôt d'environ 3 000 euros, ce qui permet aux classes moyennes qui travaillent de ne pas payer d'impôt sur le revenu pendant les trois années qui suivront la naissance d'un enfant ». Les ménages concernés, qui « en général payent moins de 2 500 à 3 000 euros d'impôt sur le revenu », bénéficieraient ainsi d'une réduction « extrêmement significative pour eux sur trois ans consécutifs », a-t-il précisé. Il a également rappelé sa proposition de « prêt à taux zéro » pour les familles qui doivent changer de logement et souhaitent acheter après l'arrivée d'un enfant supplémentaire.
Édouard Philippe souhaite par ailleurs exonérer de cotisations sociales les salariés qui acceptent de « travailler plus longtemps ». « L'idée c'est de dire : si vous travaillez plus longtemps, le salarié va gagner plus, parce qu'il n'y aura plus de cotisations sociales. Et l'entreprise va pouvoir disposer d'un coût du travail qui sera un peu moins élevé. Tout le monde y gagnera, on travaillera plus », a-t-il défendu. « Ce n'est pas négligeable pour quelqu'un qui est au Smic. Travailler deux heures de plus par semaine, c'est un effort, c'est vrai. Mais c'est 1 000 euros de plus par an. » Interrogé sur les finances publiques, le candidat a enfin dit vouloir ramener « significativement » le déficit « en dessous de la barrière des 3 %, c'est-à-dire 2 % » à la fin de son quinquennat.
Une vingtaine d'ordonnances dès juillet 2027
Par ailleurs, s'il est élu, Édouard Philippe entend présenter « dès juillet » 2027 une vingtaine d'ordonnances, pour qu'elles entrent en vigueur « dès l'automne ». « Il faudra aller vite », a-t-il expliqué, détaillant un calendrier en plusieurs étapes : l'élection, la nomination d'un gouvernement, puis une dissolution et l'élection d'un nouveau Parlement « dans lequel il faudra obtenir la majorité absolue », avant l'examen des textes dès l'ouverture de la session extraordinaire.
L'objectif est de « cesser cet état d'indécision, d'indétermination dans lequel vit le pays depuis au moins 2024 », a-t-il justifié, en référence à l'absence de majorité à l'Assemblée nationale depuis la dissolution surprise décidée par Emmanuel Macron. « Mon objectif, c'est que ce pays soit commandé et gouverné. Il en a besoin. On a besoin de remettre de l'ordre et on a besoin d'avancer », a martelé le candidat.
En 2025, il avait évoqué des ordonnances dans les domaines de la justice, de l'éducation et de la santé. Sur les retraites, il a récemment indiqué ne « s'interdi(re) rien, ordonnances et référendum compris », tout en jugeant nécessaire une phase de concertation avec les partenaires sociaux, notamment sur les exemptions au départ à 65 ans.