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Préparation pour les JO, une licence à l’Antibes Handball… Comment la Côte d’Azur a accompagné les dernières années de la carrière de Florent Manaudou

Et si le secret de la longévité de Florent Manaudou s’était écrit entre deux longueurs azuréennes et une roucoulette bien sentie sur les parquets ? Alors que le colosse tricolore de 1,99 m vient d’annoncer officiellement la fin de sa carrière à 35 ans, ce jeudi 13 août 2026, le bassin d’Antibes résonne encore des secrets de fabrications de son ultime aventure olympique.

Rembobinons le film. En 2021, au lendemain des Jeux de Tokyo d’où il revient paré d’argent, le sprinteur étouffe dans ses lignes d’eau marseillaises. C’est au détour d’un dîner décontracté, sur le ton de la rigolade lors d’un stage estival, que naît l’étincelle : et s’il rejoignait ses potes de toujours, les nageurs Quentin Coton et Yoris Grandjean, tout juste propulsés à la tête du cercle antibois ?

Pour le champion olympique de 2012, finis les entraînements à la dure sous l’autorité d’un mentor rigide. « Pour moi, le coach ne doit pas être un chef. C’est un guide. Un collègue » nous confiait-il, écartant d’un revers de main l’option Philippe Lucas.

« J’ai vraiment envie de bosser avec des potes, mais sans que je sois dans un mode où je fais ce que je veux », confiait-il à l’époque, bien décidé à calibrer l’effort pour ne pas arriver « à bout de souffle » au grand rendez-vous de sa vie.

Florent Manadou: "J'ai choisi Antibes pour le côté humain".

Son premier entraînement d’Antibois commence un matin d’octobre à 7h30, alors qu’il fait encore nuit. Logé provisoirement chez son entraîneur, il repère vite un appartement à louer avec toit-terrasse surplombant directement la piscine. Blagueur, il lançait à nos journalistes : « Je pense mettre une tyrolienne entre la terrasse et la piscine… Je ne risque pas d’être en retard aux entraînements ! »

Mais le champion sait qu’à plus de trente ans, la récupération prime sur l’accumulation des kilomètres. A l’époque, il allège son programme de nage, ne s’entraînant parfois qu’une fois par jour pour préserver la machine physique et mentale. Le reste du temps, il diversifie ses plaisirs : squash, padel, basket, et surtout handball. On y reviendra plus tard…

En route pour les Jeux de Paris

La route pour décrocher son ticket pour Paris 2024 ressemble à un véritable parcours du combattant, exigeant un affûtage millimétré. Pour résister aux tentations de la Côte d’Azur à l’approche des championnats de France qualificatifs de juin 2024, Manaudou choisit l’exil temporaire en Turquie pour un stage d’affûtage.

« Le but était de m’embêter un peu », nous expliquait-il, « quand on est sur la Côte d’Azur en juin, et maintenant que pratiquement tous mes amis ne sont plus nageurs, on a des barbecues et on va boire des bières. J’ai voulu éviter ça. »

Le choix est payant, il perd 7 kilos et valide son billet pour les jeux parisiens. Il en ressortira avec deux médailles de bronze.

Mais l’histoire antiboise ne se termine pas là.

Un rebond à l’Antibes Handball

En octobre 2024, le sprinter prend sa licence à l’Antibes Handball pour s’entraîner avec l’équipe de Nationale 2. Pas question de reconversion professionnelle, mais plutôt d’une préparation physique croisée. Une suite logique pour celui qui avait failli signer quelques années plus tôt comme pivot au Cavigal de Nice, un transfert avorté in extremis après s’être brisé un doigt à l’entraînement puis le pouce lors d’une chute à moto.

Le ballon pégueux devient son exutoire, les tirs en extension et le jeu de transition remplaçant les sempiternelles ondulations en apnée. « Le hand, c’est une vraie passion qui me permet de casser la routine, de prendre du plaisir et de m’amuser tout en continuant à progresser physiquement » se réjouissait-il alors dans nos colonnes.