Premier cas de virus West Nile chez un cheval en Belgique: l'animal euthanasié, "une sentinelle sanitaire"
"Ce cas n'a pas été trouvé par un dispositif de surveillance, mais par une vétérinaire qui a pensé à la bonne hypothèse devant un cheval malade. Reconnaître ces signes fait partie de notre formation. Ce qui nous manque parfois, c'est de savoir ce qui circule dans le pays au moment où nous examinons l'animal."
Le docteur Pierre Paindaveine, président de la section équine de l'UPV (Union Professionnelle Vétérinaire), explique comment une vétérinaire a découvert le premier cas de virus West Nile, aussi appelé le virus du Nil occidental, en Belgique.
Face à un cheval présentant notamment des troubles de la coordination, une raideur de l'encolure, des tremblements musculaires puis une cécité, elle a intégré le virus West Nile parmi les hypothèses possibles et demandé une analyse sérologique, qui s'est révélée positive. Sans cette démarche, le cas serait probablement resté inexpliqué.
Ce mardi, ce cheval, originaire de la périphérie bruxelloise, a dû être euthanasié.
Un cas équin précède régulièrement un cas humain
Le virus circule naturellement entre les moustiques et les oiseaux. Les chevaux, tout comme les humains, peuvent être contaminés par une piqûre de moustique, mais ils ne transmettent pas le virus à leur entourage. En revanche, les chevaux jouent souvent le rôle de sentinelles: en Europe, l'apparition de cas équins précède régulièrement celle de cas humains sur un même territoire.
Après plusieurs oiseaux contaminés en Flandre en 2025 puis à nouveau en 2026, ce premier cas équin confirme l'installation du virus en Belgique.
guillementLorsqu'un virus circule chez les chevaux – comme le virus West Nile – ceux-ci peuvent devenir de véritables sentinelles sanitaires, alertant sur une circulation du virus dans une région, parfois avant même l'apparition de cas humains
Éviter les piqûres de mai à octobre
Chez l'être humain, environ 80% des infections passent inaperçues. Elles sont asymptomatiques. Les autres provoquent le plus souvent un syndrome grippal, tandis que les formes neurologiques graves restent rares et concernent principalement les personnes âgées ou immunodéprimées. En l'absence de vaccin pour l'humain, la meilleure protection consiste à éviter les piqûres de moustiques durant leur période d'activité, de mai à octobre.
Un vaccin existe pour les chevaux
L'Union Professionnelle Vétérinaire demande désormais que les suspicions soient signalées rapidement à l'AFSCA et plaide pour une meilleure circulation des informations entre vétérinaires, laboratoires, médecins et autorités sanitaires.
Pour les propriétaires de chevaux, aucune mesure exceptionnelle n'est recommandée. Les conseils restent ceux de toute saison à moustiques: éliminer les eaux stagnantes, protéger les animaux aux heures où les moustiques sont les plus actifs et consulter rapidement un vétérinaire en cas de symptômes neurologiques. Un vaccin existe par ailleurs pour les chevaux.