Pourquoi pas un chien à l'école ou même un cheval à l'hôpital ? C'était le premier salon du bien-être animal à Arlon ce week-end
Qui n'a pas vu la vidéo de Peyo, cheval visiteur de patients à l'hôpital de Dijon ? L'animal comme aidant, c'est une vraie tendance à scroller les réseaux sociaux !
Si aller avec son animal au boulot n'étonne plus, on aura été surpris par la présence de nombreux praticiens en matière de médiation animale au salon du bien-être à Arlon, organisé ce week-end en collaboration avec le Kiwanis.
Ces stands où toutous et minous sont bien plus qu'un compagnon.
L'animal est vecteur de bienfaits. Si on n'évoquera pas cette dame qui dit entrer en contact avec les animaux décédés, on a donné la parole à Nathalie Bénédict, secrétaire de la Fédération professionnelle de la médiation animale. ( AMAT).
Relation triangulaire
De suite, elle prévient "On se concentre vraiment sur ceux qui veulent se professionnaliser. À faire les choses correctement dans le respect des bénéficiaires humains, mais aussi des animaux. On est dans une relation triangulaire: praticien, bénéficiaire, animal pour que cette relation soit au bénéfice des trois". Pas question que l'animal devienne un objet ou un outil.
Il est partenaire de l'accompagnement thérapeutique: "On voit de plus en plus de chiens dans les tribunaux".
Parmi les animaux adjuvants: le chien, le chat, le cheval mais aussi les NAK. On connaît l'impact de l'hippothérapie.
Plus récemment, des chiens viennent par exemple dans les écoles. Et ça marche ?
"Cela dépend du cadre, de la demande, du praticien. Nous avons énormément de membres qui interviennent dans les écoles. Des membres formés qui sélectionnent le chien pour ce qui est demandé !"
Autre développement, le cas d'animaux dans les hôpitaux "On en voit de plus en plus, là se pose aussi l'importance du bien-être de l'animal. Pour les chevaux, on se pose évidemment la question de leur bien-être. Ils doivent être désinfectés et aseptisés. Est-ce vraiment leur place ? On entend que cela fait beaucoup de bien aux patients, mais est-ce un bien-être réciproque ?"
Lire au chien !
La secrétaire insiste sur un code déontologie, une charte éthique pour éviter un côté farfelu.
La littérature scientifique évoque les maisons de repos: "Cela n'est pas juste un moment de papouille, c'est un réel travail avec des objectifs définis. L'animal est là en tant que médiateur, il n'est pas un médicament, il n'est pas là pour soigner, mais pour accompagner".
On sait que cela fonctionne pour des ados en proie avec l'anorexie, d'enfants autistes: "C'est certainement un des domaines les plus documentés, mais il y a des choses moins connues comme les chiens accompagnateurs de lecture. Dans les écoles et les bibliothèques, vous avez des chiens qui aident les enfants à se poser. On va lire à voix haute au partenaire"chien". J'ai aussi eu la chance de travailler avec des jeunes dépendants, toxicomanes. J'ai travaillé avec des chevaux et étais accompagnée avec une équipe pluridisciplinaire. Ce qui est stimulant, on voit des gosses qui se réapproprient un contact corporel sain."
Parmi les praticiens, on parle souvent de logopèdes, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychomotriciens, éducateurs, médecins.
"Le contact avec l'animal vient réveiller tellement de choses au niveau sensoriel, symbolique !"
"La poule est très intelligente. Elle peut reconnaître un e centaine de visages différents"
Emmanuelle Daxhelet, éducatrice, pratique la médiation animale au Domaine du Renard, à Wigny (Bertogne). Elle travaille avec des institutions, des familles en grande précarité, des enfants qui ont des troubles d'apprentissage, des enfants porteurs de handicap. " Ce sont de moments de ressourcement, des moments où on ralentit, pour reprendre confiance en soi. Les premières séances, on apprend les codes de l'animal. On n'utilise pas l'animal comme un objet, mais comme un collègue. Je le fais aussi à domicile et je prends régulièrement mes chiens au travail". Et il y a une vraie ménagerie: chevaux, moutons, poules, lapins, chats. "La poule est un animal extrêmement intelligent, elle peut reconnaître jusqu'à 100 visages différents. Ce sont des animaux grégaires. L'enfant peut observer comment l'autre fonctionne. Cela n'est pas la panacée, mais cela convient à certaines personnes, pas à d'autres."
À Viville, Amandine Soyeur travaille la sonothérapie et le cheval permet à ses patients de retrouver un équilibre: "On travaille tout ce qui est du domaine de l'émotion, la gestion du stress, de la frustration, des dépressions, mais aussi des problématiques qui vont du burn-out au suicide".
Isabelle Rasse, propose des séances de kiné et parfois le cheval est un atout:
"On l'utilise comme révélateur de notre état intérieur. Le cheval est un feed-back direct de notre état intérieur. Un cheval scanne tout le temps. À cinq mètres, il sent déjà la fréquence cardiaque, il sait repérer un état corporel tendu".
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