Pourquoi Lionel Messi redevient le grand favori du Ballon d'or
Il n'y a que lui. Il n'y a que Lionel Messi pour rendre l'improbable tout à fait envisageable. Qui, avant cette Coupe du monde, aurait pu croire que l'Argentin camperait un prétendant crédible au Ballon d'or en évoluant à l'Inter Miami ? Poser la question revient à y répondre et sept matchs sont venus bouleverser nos certitudes.
L'Angleterre, qui n'avait encore jamais croisé sa route en 205 matchs, a terminé comme les autres. La première période du lutin, avec ses 15 ballons perdus, a été balayée par une fin de match folle qui a suivi un principe rappelé par Emiliano Martinez : "Trouver Messi était la clef pour nous." Pour s'ouvrir la porte d'une finale après un match où il a touché à lui tout seul autant de ballons dans la surface adverse (7) que tous les Anglais réunis. Mais c'est en se déportant à droite comme il en a repris la bonne habitude que Messi a délivré deux nouvelles passes décisives pour doubler son total depuis le début du tournoi.
En marquant ou en faisant marquer lors de toutes les rencontres de l'Argentine, lui qui était impliqué directement sur 12 des 19 buts des siens va devenir le deuxième joueur avec Cafu à disputer trois finales de Coupe du monde dans sa carrière. Et rien n'indique que la conquête d'une deuxième étoile ne soit un préalable indispensable à un potentiel 9e Ballon d'or.
Messi le sait depuis le huitième qu'il a remporté en 2023 : un Mondial peut tout écraser. Tout relégué au second plan. Même une saison anonyme en club dans une compétition comme la MLS loin d'avoir le même niveau que les grands championnats européens. Sa Coupe du monde est pour l'instant un petit chef-d'œuvre. Au contraire finalement des autres prétendants.
Pour le Ballon d'or, rendez-vous à la Coupe du mondeLe Géorgien Kvicha Kvaratskhelia, joueur le plus impactant du second sacre parisien en Ligue des champions hors-jeu en cette année paire, ses coéquipiers au PSG avaient un temps d'avance avant le début du tournoi. Mais il s'est très vite envolé. João Neves, Vitinha et, à un degré moindre, Nuno Mendes pouvaient tous nourrir des ambitions qui se sont évaporées dès l'élimination contre l'Espagne en 8es. S'il a marqué quatre buts dans cette Coupe du monde, Ousmane Dembélé est passé complètement au travers de la demi-finale. Le tenant du titre n'est pas le seul.
La menace vient d'Espagne
À 24 heures d'écart, les deux coéquipiers au Bayern Munich Michael Olise et Harry Kane se sont retrouvés unis par la médiocrité de leur prestation dans le dernier carré. Kylian Mbappé et Jude Bellingham ont eux réussi leur tournoi d'un point de vue statistique avec huit buts pour le Français et six pour l'Anglais mais n'ont pas été à l'heure au rendez-vous des demi-finales, ce qui aurait pu reléguer au second plan leur saison vierge de titre en club.
Qui, alors, peut rivaliser avec Lionel Messi ? La menace vient d'Espagne. Avant sa blessure, Lamine Yamal n'avait peut-être jamais été aussi fort, lui qui a vu sa saison en club s'arrêter dès la fin avril avec des statistiques épaisses : 24 buts et 18 passes décisives en 45 apparitions toutes compétitions confondues. La finale pourrait être pour le prodige un tremplin comme elle l'avait été pour Zinédine Zidane en 1998.
Un autre joueur de la Roja en impose : Rodri. Avec ces mots prononcés en octobre dernier par Pep Guardiola qui prennent des allures de prophétie au sujet du lauréat 2024 : "Rodri retrouvera son meilleur niveau pour la Coupe du monde. Je lui ai dit : ce n'est pas une question de six ou sept mois. Ce n'est pas : je reviens, je joue et je redeviens l'ancien Rodri. Durant un an, il a vécu sur une table d'opération. Le corps change, le rythme change, tout change. Il a juste besoin de temps. Et le vrai Rodri, on le verra avec l'Espagne lors du Mondial." Le monde l'a vu. Lionel Messi aussi.

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