Pourquoi les crustacés d’eau douce du Grand Est sont-ils menacés ?
Les naturalistes de l’Office des données naturalistes du Grand Est viennent de publier une nouvelle liste rouge d’écrevisses, crabes et crevettes d’eau douce menacés dans la région. Explications.
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Huit experts de l’Office des données naturalistes du Grand Est (Odonat) viennent de publier la liste rouge des crustacés de l’ordre des décapodes* (écrevisses, crabes) et des crustacés de l’ordre des mysidaes** (crevettes) présents mais menacés dans la région.
Sur les dix espèces d’écrevisses présentes dans la région, seules trois sont natives du Grand Est. Les écrevisses à pattes rouges (astacus astacus) et des torrents (austropotamobius torrentium) et l’écrevisse à pattes blanches (austropotamobius pallipes), qui est la seule espèce de crustacé d’eau douce native de l’Aube. Toutes les trois sont en régression et menacées d’extinction. Des populations en fort déclin et des milieux naturels fragiles et fragmentés (aménagements hydrauliques, sécheresse répétée, évolutions des milieux…).
Une écrevisse native de l’Aube classée « en danger »
L’écrevisse à pattes blanches est classée par l’UICN« en danger ». Selon cet organisme, les populations historiques « ont entièrement disparu de leurs biotopes originels » qu’étaient les grandes rivières de plaines comme la Seine ou l’Aube. « L’espèce s’est réfugiée dans les têtes de bassins, principalement dans la Haute-Marne et les Vosges ». En cause : « l’expansion des espèces exogènes et de la peste ».

Dans le département comme dans le Grand Est, les experts notent une hausse des espèces invasives introduites. Comme les écrevisses du Pacifique, à pattes grêles, rouge de Louisiane, Américaine, et certaines crevettes comme la brune du Danube et la rouge sang. Et « le monde des crustacés d’eau douce, plus que tout autre, est largement impacté par la faune introduite », souligne l’Odonat.
Comment agir ?
La région Grand Est « porte une lourde responsabilité en matière de conservation des écrevisses natives puisque c’est la seule région française qui accueille les trois espèces ». Comment agir ? Les experts préconisent de suivre génétiquement et protéger les espèces patrimoniales et la fonctionnalité de leurs milieux et de surveiller les espèces exogènes.
Cette nouvelle liste rouge vient compléter celles déjà publiées par l’Odonat :
*Les décapodes sont caractérisés par cinq paires de pattes dont les trois premières portent des pinces, la première étant particulièrement développée chez les crabes et les écrevisses. ** Ces crustacés ont six paires de pattes non pourvues de pinces, un corps translucide et de longues antennes.Sur le même sujet
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