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Pourquoi Bart De Wever agite le spectre d'une nouvelle réforme de l'État

Le Premier ministre Bart De Wever avait axé sa campagne électorale de 2024 sur la dénonciation de l'incurie budgétaire du gouvernement Vivaldi, dirigé par Alexander De Croo (Open VLD, devenu Anders). Pourtant, depuis que l'ancien président de la N-VA a pris en février 2025 les commandes de la coalition Arizona (N-VA, MR, Engagés, Vooruit, CD & V), la situation de l'État fédéral s'est encore dégradée.

Le gouvernement espère redresser la barre lors du conclave budgétaire d'octobre en réalisant un assainissement de 10 milliards d'euros à l'horizon 2029. Mais en raison de l'ampleur de la tâche et des tensions entre partenaires de majorité, le scénario d'un échec des négociations et d'une chute du gouvernement est dans tous les esprits.

Pourquoi l'Arizona doit à nouveau mettre l'État à la diète

C'est dans ce contexte que Bart De Wever a remis d'initiative la question institutionnelle sur la table. D'abord fin août dans un podcast de RTL-TVI, puis mercredi à la Chambre des représentants. Son message : une réforme de l'État n'est certes pas à l'ordre du jour, mais un assainissement pérenne et en profondeur des finances publiques n'est réalisable qu'en modifiant les structures institutionnelles du pays, jugées "trop lourdes, trop chères, inefficaces". Les entités fédérées devraient être davantage responsabilisées, selon lui. De son point de vue, cela signifie transférer de nouvelles compétences du fédéral vers les Régions et Communautés.

Bart De Wever prévient : "Après ce nécessaire assainissement budgétaire, il faudra se pencher sur la complexité institutionnelle"

"Pour lui, c'est facile : soit il parvient à maîtriser le budget […], soit il dit : 'J'ai fait ce que j'ai pu, mais cela ne marche pas, car ce pays est ingouvernable'", dénonçait jeudi le président du PS, Paul Magnette, dans De Standaard.

Maxime Prévot d'accord sur le constat

Le MR et Les Engagés croient en la sincérité de Bart De Wever d'arriver à un accord budgétaire. "Il a la pression du patronat flamand qui n'accepterait pas une chute du gouvernement", dit un insider. "Il n'y a pas de quoi s'offusquer de propos tenus en commission parlementaire", relativise un autre. Mais, micros coupés, les deux partis francophones de l'Arizona admettent depuis l'époque de la formation du gouvernement que l'Anversois pourrait effectivement adopter la posture dénoncée par Paul Magnette si les choses ne devaient pas tourner comme il l'espère.

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Le conclave budgétaire que nous entamons est probablement l'un des derniers tours de vis budgétaires d'ampleur soutenables au niveau fédéral.

Cela dit, sur le fond de ses propos, le MR et Les Engagés, voire le PS, considèrent aussi que le système institutionnel belge est cher et complexe. "Le conclave que nous entamons est probablement l'un des derniers tours de vis budgétaires d'ampleur soutenables au niveau fédéral", abonde Maxime Prévot, vice-Premier ministre Engagés. Lui aussi juge que les entités fédérées pourraient en faire plus. "Oui, la tuyauterie doit s'améliorer mais ce n'est pas pour cela qu'on partage les recettes de la N-VA. Redonner de l'oxygène à l'État sur le plan budgétaire ne veut pas forcément dire régionaliser. Des compétences mériteraient d'être refédéralisées, comme la mobilité, le climat, le commerce extérieur, l'énergie, les allocations familiales…"

Si les négociations budgétaires s'annoncent ardues, on n'ose imaginer ce que serait nouveau round communautaire.

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