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Pourquoi Attal appelle à une « grande coalition » allant de la gauche social-démocrate et à la droite républicaine

Gabriel Attal secretary general of the Renaissance political party and candidate in the 2027 French presidential election during his visit to the Braderie de Lille flea market in Lille France on September 5, 2026. (Photo by Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP)

Gabriel Attal secretary general of the Renaissance political party and candidate in the 2027 French presidential election during his visit to the Braderie de Lille flea market in Lille France on September 5, 2026. (Photo by Bastien Ohier / Hans Lucas via AFP) BASTIEN OHIER/HANS LUCAS VIA AFP

Comme un air de déjà-vu. En difficulté, Gabriel Attal tente le coup de l’appel au rassemblement. Tirant le constat que « personne », dans l’espace politique entre LFI et le RN, « n’est favori ou en situation de battre Marine Le Pen » au second tour à l’heure actuelle, le candidat Renaissance à la présidentielle prône une « grande coalition rassemblant des électeurs de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine ».

Celle-ci ne serait pas construite « “contre” mais “pour” une vision : l’Europe, la compétitivité de notre économie, les valeurs de la République et le progressisme », défend l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron dans un entretien accordé au « Parisien ». L’initiative, soutient-il, vise plus précisément « des électeurs tentés par Raphaël Glucksmann à ceux de la droite républicaine ».

« Je m’adresse à eux. Car il y a des électeurs, de gauche comme de droite, qui aimeraient un autre choix qu’un candidat qui n’aura aucune chance d’être au second tour. »

Avec cet appel, Gabriel Attal semble tendre une perche à gauche, après avoir « entendu des responsables socialistes défendre la capitalisation pour les retraites, la compétitivité ou la responsabilité budgétaire ». « Tant mieux !, se félicite-t-il. Avec la défense de l’Europe et le soutien à l’Ukraine, ce sont des éléments qui peuvent nous rassembler. De mon côté aussi, j’ai évolué, notamment sur la méthode et le partage du pouvoir ».

Devancé par Edouard Philippe dans les sondages

Difficile cependant de ne pas voir dans cette manoeuvre un aveu de sa propre faiblesse. Lancé depuis quatre mois dans une campagne hyperactive, Gabriel Attal peine à susciter une dynamique qui lui permettrait de prendre l’ascendant sur Édouard Philippe, qui continue à le devancer selon les différentes enquêtes d’opinion.

Avec la publication d’un livre, une déclaration de candidature soigneusement scénarisée dans l’Aveyron, un premier meeting à Paris et un été sur tous les fronts, le candidat Renaissance s’est certes démultiplié. Mais lorsque lui et Edouard Philippe sont testés ensemble, il est nettement devancé par le maire du Havre. Selon les études d’opinion, Gabriel Attal, régulièrement testé quatrième derrière les candidats RN, LFI et Raphaël Glucksman, ne franchirait même pas l’obstacle du premier tour.

« Personne ne plie le match. Personne n’est en situation ni de l’emporter, ni d’être assuré de figurer au deuxième tour », relativise l’intéressé, persuadé qu’il conserve toutes ses chances. Il a en ce sens réitéré qu’il n’excluait pas la « possibilité » d’une primaire qui peut être « une solution » pour réguler les ambitions, alors que selon lui n’émerge pour l’heure aucun « candidat naturel ».

Des électorats qui ne se superposent pas tout à fait

Des travaux de la Fondation Jean-Jaurès, publiés il y a quelques jours, soulignent que malgré leur « proximité », les électorats Attal et Philippe ne se superposent pas entièrement. Celui du candidat Horizons est plus âgé, plus à droite et attaché au rétablissement des comptes quand celui de Gabriel Attal est plus jeune, plus « central » et d’abord attentif à la valorisation du travail.

Avec 56 % des électeurs de Gabriel Attal votant pour Edouard Philippe en cas de ralliement, et 44 % des électeurs de Edouard Philippe dans le cas inverse, un rapprochement « ne suffirait pas à additionner automatiquement leurs électorats », concluent les auteurs. De quoi aviver les craintes d’un jeu perdant-perdant dans le camp macroniste.

Gabriel Attal doit donner un meeting à Lyon le 10 octobre.

Par  Le Nouvel Obs avec AFP