Pour « tous les cyclistes », le passage à l’heure d’hiver requiert une vigilance maximale
Life 24/10/2026 07:58 Actualisé le 24/10/2026 08:40
Le changement d’heure, dans la nuit de samedi 24 à dimanche 25 octobre, augmente les trajets de nuit pour celles et ceux qui se déplacent à bicyclette.

halbergman / Getty Images
(photo d’illustration à Los Angeles)
EN BREF
• Le passage à l’heure d’hiver augmente les trajets nocturnes pour les cyclistes, nécessitant une vigilance accrue et la nécessité pour les cyclistes d’être visibles.
• Une étude belge montre que les accidents de vélo quadruplent en novembre par rapport au mois de juin.
• La FUB recommande des éclairages adaptés et des catadioptres obligatoires. Les automobilistes doivent aussi ajuster leur conduite pour assurer la sécurité des cyclistes.
L’IA au HuffPost.
« Certains cyclistes roulent déjà de nuit le matin depuis quelques semaines. Avec le changement d’heure, tous les cyclistes seront concernés ! » Comme l’explique au HuffPost Étienne Demur, co-président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUP), le passage à l’heure d’hiver dans la nuit de ce samedi 24 au dimanche 25 octobre doit rendre celles et ceux − toujours plus nombreux* − qui se déplacent à vélo beaucoup plus vigilants.
Selon une étude réalisée chez nos voisins belges et publiée cette semaine, il y a en moyenne quatre fois plus d’accidents impliquant des cyclistes à l’aube et au crépuscule en novembre par rapport à juin, « alors qu’il y a plus de cyclistes sur les routes au printemps qu’en automne », souligne l’institut Vias. Ce dernier souligne qu’en novembre, l’aube et le crépuscule coïncident justement avec les heures de pointe sur les routes.
En France, l’éclairage − à l’avant comme à l’arrière − est obligatoire pour pédaler la nuit. « La période du changement d’heure est donc l’occasion de remettre l’accent sur le fait qu’il est important d’être visible, mais également de redire que les automobilistes doivent aussi prendre en compte le fait que la visibilité diminue », pointe le co-président de la FUB qui lancera le 1er novembre sa campagne annuelle de sensibilisation intitulée « Cyclistes, brillez ! ». Une opération qui vise aussi à sensibiliser les collectivités locales pour encourager l’éclairage des pistes cyclables « pour que la cohabitation avec les autres usagers se passe au mieux ».
« Les gens sont inconscients »
Jusqu’au 15 décembre, cette campagne se traduira par une multitude d’actions de terrain, à l’instar de celle organisée à Nîmes par l’association locale, Croco vélo. « Chaque année, nous mobilisons nos adhérents −plus d’une centaine− pour faire un tour de ville entre 18h et 19h et sensibiliser les cyclistes sur la question », explique au HuffPost Denis Delmas, secrétaire de l’asso. Cette année, l’opération est prévue le 10 novembre. « On offre un gilet réfléchissant et éventuellement une petite lampe à ceux qui n’en ont pas. »
En 2025, la FUB a d’ailleurs organisé pour la toute première fois un décompte des cyclistes équipés d’un éclairage conforme pour rouler de nuit. Résultat : sur les 11 047 cyclistes décomptés, 69 % avaient bien une lampe à l’avant comme à l’arrière. « C’est un début, l’idée est de suivre l’évolution dans le temps », commente Étienne Demur.
Pour Denis Delmas, il y a encore beaucoup de travail. « Les gens sont toujours aussi inconscients !, se désole-t-il. Comme ils voient, ils pensent être vus, mais ce n’est pas le cas. Sans éclairage, on n’est pas vu ! »
« Pas la seule responsabilité des cyclistes »
Pour rouler en sécurité, la FUB recommande des éclairages de 30 lux en ville, 50 lux hors agglomération, où le port du gilet réfléchissant est aussi obligatoire de nuit. « Ça ne sert à rien d’être en pleins phares avec des éclairages à 200 lux ! On veut juste voir où on roule, ça suffit », commente Étienne Demus, qui ajoute : « Ça vaut vraiment le coup de passer un peu de temps à choisir un bon éclairage pour un vrai confort sur la route. »
Depuis fin 2024, les éclairages clignotants sont interdits car ils permettent difficilement d’apprécier la distance et la vitesse du vélo. Autre obligation, pour tous les vélos, la présence de catadioptres (dispositifs réfléchissants) à l’avant, à l’arrière, sur chaque roue et sur les pédales.
« Mais la sécurité ne peut pas se résumer à la seule responsabilité individuelle des cyclistes, poursuit le co-président de la FUB. Lorsque la luminosité baisse, les automobilistes doivent augmenter les distances de dépassement et réduire la vitesse. »
*Selon le Réseau vélo et marche, la fréquentation du vélo augmenté de 5 % en 2025 par rapport à 2024, une hausse « homogène entre territoires urbains, intermédiaires et ruraux ». Depuis 2019, la hausse est de 47 %.