Pour raviver la flamme, écoutez Beethoven et contemplez l’infini
12 septembre 2026
Vous voulez garder la flamme intacte ? Il suffit de contempler l’infini.
C’est à peu de chose près la conclusion d’une étude publiée dans The Journal of Positive Psychology qui dit, peu ou prou, que “les couples qui s’émerveillent ensemble devant un ciel étoilé ou en écoutant du Beethoven ont davantage de chances de construire des liens profonds”, synthétise le quotidien britannique The Times.
Pour Matteo Perini, doctorant en psychologie sociale et culturelle à l’Institut des sciences comportementales de l’université Radboud, aux Pays-Bas, et auteur de l’étude, l’émerveillement est une émotion “qui nous détourne de nos petites préoccupations immédiates pour recentrer notre attention sur quelque chose de plus grand”.
“On peut se fondre dans
l’immensité physiquement,
en contemplant les montagnes
ou un ciel étoilé,
mais on peut aussi
éprouver la même chose
face à une œuvre d’art,
en écoutant de la musique,
en étant saisi par la force
morale de quelqu’un,
face à des idées scientifiques
ou encore en vivant
une expérience collective.”
Matteo Perini, auteur de l’étude publiée
dans The Journal of Positive Psychology,
au quotidien britannique The Times
“L’une des idées centrales de mon travail est que l’émerveillement nous permet de gagner en profondeur, explique le chercheur, cité par le site scientifique PsyPost. Quand nous sommes confrontés à une immensité qui bouleverse nos repères habituels, nous pouvons être poussés à remettre en cause nos certitudes et à aller plus au fond des choses.”
“Comme l’émerveillement
atténue le repli sur soi
et renforce le sentiment
de connexion aux autres,
le fait de l’éprouver à deux
peut rendre le sentiment
du ‘nous’ bien plus prégnant.”
Matteo Perini, auteur de l’étude, au quotidien britannique The Times
La recherche s’est appuyée sur deux études menées en ligne.
La première portait sur 198 adultes en couple. Pour participer, les individus devaient en être encore au stade de la passion amoureuse.
Les participants devaient remplir des questionnaires afin d’évaluer leur propension à s’émerveiller au quotidien, l’émerveillement ressenti spécifiquement avec leur partenaire, ainsi que leur satisfaction globale vis-à-vis de leur relation.
Conclusion, résume PsyPost ?
“Les auteurs ont constaté que l’émerveillement partagé en couple était source de satisfaction, qu’il favorisait les sentiments passionnels et la sensation de ne faire qu’un avec l’autre.”
Youhou !
Matteo Perini et ses collègues ne se sont pas arrêtés en (si bon) chemin : pour approfondir ces premiers résultats, les chercheurs ont mené une seconde étude auprès de 306 adultes en couple, complète PsyPost.
Dans ce groupe, les participants n’étaient pas tenus d’être follement amoureux, et les scientifiques ont mesuré les mêmes concepts que lors de la première étude. Mais ils y ont ajouté de nouvelles variables “afin d’appréhender les différentes strates de la profondeur de la relation”.
Résultat ? Cette seconde étude a montré que partager des moments d’émerveillement restait un indicateur fort de satisfaction au sein du couple.
“S’émerveiller en couple favorise également la complicité entre les partenaires, la capacité à faire des concessions, l’effacement des ego au profit de la relation, ainsi que l’épanouissement de la relation.”
“L’émerveillement
est plus bénéfique
pour le couple
lorsqu’il s’agit
d’une expérience
partagée, et non
d’un sentiment éprouvé
par l’un des partenaires
à titre individuel.”
Le site consacré à l’actualité de la psychologie et des neurosciences PsyPost
Ce qui est bien avec l’émerveillement et l’infini, c’est que ça concerne à peu près tout ce qui coupe le souffle (les chimères, le ciel, la mer, les étoiles).
“Dis-moi quel est ton infini, je saurai le sens de ton univers, est-ce l’infini de la mer ou du ciel, est-ce l’infini de la terre profonde ou celui du bûcher ?” demandait déjà Gaston Bachelard dans L’Air et les Songes. Car, dans l’infini, “l’imagination est libre et seule, vaincue et victorieuse, orgueilleuse et tremblante”.
Un peu comme le vertige de l’amour.—
Éloïse Duval