« Pour le moment, elle refuse de s’alimenter » : elle a frôlé la mort il y a quelques jours, on vous donne des nouvelles de Lucie, cette tortue actuellement au centre de soins de Posidonia d’Antibes
Nous vous présentons Lucie. Elle ne pèse que quatre kilos. Et pourtant, cette jeune tortue caouanne vient de traverser une sacrée épreuve. Il y a quelques jours, au large de Beaulieu-sur-Mer, l’équipage du Papeete, de Riviera Whale Watching, remarque quelque chose d’étrange à la surface de l’eau. Une tortue flotte. Elle dérive. Et surtout, elle ne maîtrise plus vraiment ses mouvements.
En s’approchant, les membres de l’équipage comprennent rapidement ce qui se passe. Lucie est prisonnière d’un morceau de filet en nylon. « Pas un filet de pêche, un de ces filets utilisés dans les haies. Un déchet plastique » explique Bénédicte, depuis le centre de soins Émergence de Posidonia, en montrant l’arme du crime.
Le cordage s’est enroulé autour de son cou. Il serre. Fort. Jusqu’à provoquer de profondes lésions. Alors, il faut agir. L’équipage intervient immédiatement et parvient à la libérer de ce piège invisible.
Une course pour la sauver
Chrystèle Burlot/ Nice Matin
Mais Lucie n’est pas encore tirée d’affaire. Parce qu’une fois sortie de l’eau, une autre course commence. Celle pour la sauver. Le centre de soins de l’association Émergence, à Antibes, est alerté. Quelques heures plus tard, la jeune caouanne rejoint le Centre de Réhabilitation de la Faune Sauvage, le CRFS. Ses soigneurs nettoient sa plaie. Ils examinent son état général. Ils observent.
Dans les prochains jours, Lucie doit passer des examens plus poussés à la clinique vétérinaire Ric et Rac, au Cannet : imagerie, bilan sanguin… Il faudra mesurer les dégâts laissés par le filet et déterminer les soins dont elle aura besoin.
L’objectif est simple : la remettre sur nageoires
Chrystèle Burlot/ Nice Matin
Et, si son état le permet, lui permettre de retrouver la Méditerranée avant l’hiver. Car pour une jeune tortue, le calendrier compte. Elle devra pouvoir reprendre le large suffisamment tôt pour s’éloigner des côtes avant que les températures ne baissent.
Son histoire aurait pu s’arrêter là, au large de Beaulieu.
Pour le moment, « elle n’est pas trop agitée mais elle refuse de s’alimenter » a expliqué Sidonie après l’avoir soignée. Dans ses selles, des morceaux de plastique pour l’essentiel. Lucie nous rappelle surtout deux choses : en mer, un simple morceau de filet peut devenir un piège mortel. Et la pollution plastique - donc la main de l’homme - est le principal prédateur de la tortue…